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Des explications sur la non reprise de l’épidémie à La Réunion en ce début janvier 2007 ? |
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| Mise en ligne le : 05/01/2007 | Dernière révision : 20/01/2007 | |
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Il existe
certainement plusieurs explications, mais aucune certitude quant à la non
reprise de l’épidémie.
1. Les
personnes qui « devaient être malades » l’ont déjà été (exposition
professionnelle ou occupationnelle, non utilisation des répulsifs, non
application des consignes de protection, jardin qui expose 4 fois plus…).
Même si ces personnes ne respectent pas à ce jour les consignes de
protection et de maîtrise de l’environnement, elles ne peuvent pas être
malades une deuxième fois, le chikungunya étant une maladie immunisante,
qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie.
2. Inversement,
ceux qui ont pris très au sérieux les consignes données en 2005 et 2006 et
qui n’ont pas été atteints, ne le seront pas plus cette année, car ils
continuent de se protéger encore plus efficacement. Je crois d’autant plus
çà cette hypothèse que le chiffre de 40% de personnes atteintes par le
chik correspond au pourcentage de la population qui ne croyait pas au rôle
du moustique dans la transmission de la maladie et qui par conséquent ne
se protégeaient pas. Cette observation découle de l’étude de sociologie de
Michel Setbon (mars et avril 2006)
3. Le
retard des pluies et de la chaleur : « l’incubateur » n’est pas encore
optimalisé en matière de température et d’humidité et les moustiques ne se
reproduisent pas de façon accélérée.
4. La
réduction des populations de moustiques au cours de l’hiver austral par
les actions de démoustication et de nettoyage et sous l’influence de
températures moins clémentes pour les moustiques. Mais n’oublions pas que
le virus a continué de circuler au cours de l’hiver 2005 et qu’il est
impossible de traiter chaque semaine les milliers de kilomètres de
ravines, où se développent préférentiellement les jeunes Aedes pendant
l’hiver
5. Une
meilleure prise de conscience de la nécessité de la salubrité avec des
efforts sans précédents réalisés par les communes et les particuliers.
Néanmoins, il persiste des indices de Breteau très élevés dans certaines
communes de l’Est (plus de 100 gîtes pour 100 maisons), mais ces communes
ont été déjà très largement touchées en 2006.
6.
Le
fort taux d’immunisation de la population (40%) fait que le réservoir
potentiel du virus n’est plus que de 60%, contre 99 % à la même époque en
2006. Cela signifie que la probabilité pour un Aedes de se recharger en
virus est amputée de 40% et que sa capacité de transmettre efficacement le
virus est également amputée d’autant, car le virus est détruit par les
anticorps des personnes qui ont été atteintes et ne peut donc se
reproduire. Toutefois, l’effet de protection de groupe (« herd immunity »)
ne sera atteint qu'à partir de 75% d'immunisation. L'épidémiologie
théorique l'affirme, mais l'épidémiologie de terrain du Kenya et des
Comores, le confirme.
7. Il
pourrait exister une hétérogénéité sélective du taux de 40% de personnes
séropositives, documentée par l'étude de Sociologie de Michel Setbon et
qui sera affinée par l’étude de séroprévalence. Il est possible que les
40% de personnes atteintes ne soit pas réparti de façon aléatoire, c’est à
dire homogène sur l’île et que dans certaines parties, 'ils constituent
peut-être une barrière efficace (de 75%) vis-à-vis des segments les plus à
risques de la population.
8. L’absence
de confirmation à ce jour du moins, d’un réservoir animal à La Réunion.
Toutefois, il faut rester très prudent dans ce domaine car la recherche
des hôtes amplificateurs (séropositifs), se poursuit.
9. L’absence
d’épidémie de chik en cours dans les pays de la zone réduit les
possibilités de réapprovisionnement de la Réunion en virus, par les
échanges aériens.
10. Enfin,
peut-on encore parler du génie évolutif propre des épidémies, qui vont et
qui viennent sans rationalité apparente, alors que les connaissances dans
ce domaine s’affinent ? | ||
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