Chikungunya aux Antilles : l'épidémie s'installe et se propage


Publié le : 21/01/2014 à 22:00 | MAJ le : 27/02/2015 à 23:00


Une épidémie de Chikungunya sévit actuellement aux Antilles après l'apparition des premiers cas suspects fin novembre 2013 dans l'île de Saint-Martin.


Historique : premiers cas à Saint-Martin


Deux cas autochtones d'infection au virus du Chikungunya ont été confirmés dans l'île de Saint-Martin le 06 décembre 2013.


Cette confirmation fait suite à la surveillance hebdomadaire qui avait été mise en place depuis le 25 novembre 2013, après le signalement des premiers cas suspects de chikungunya dans le quartier d’Oyster Pond.


Ces résultats ont conduit les autorités sanitaires à déclarer un début d’épidémie à Saint Martin et à activer la phase 3 du Psage chikungunya (Programme de Surveillance, d’alerte et de gestion d’émergence du virus Chikungunya) le jour même.

 


Propagation de l'épidémie aux îles voisines et aux pays d'Amérique


Le virus s'est depuis propagé aux îles voisines de Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy ainsi qu'en Guyane Française, avec une circulation plus ou moins importante en fonction des régions.

 

Avec une circulation du virus généralisée à l'ensemble du territoire, l'île de Saint-Martin a été placée en phase épidémique dès le 06 décembre 2013. Depuis, la situation s'est améliorée et l'île a été repositionnée en situation de transmission modérée le 30 avril 2014.

 

En Martinique où les premiers cas ont été confirmés le 18 décembre 2013, l’intensification de la circulation virale a conduit les autorités sanitaires à déclaré le département en situation épidémique le 23 janvier 2014.

 

Le 24 décembre 2013, un premier cas autochtone a été confirmé en Guadeloupe. La circulation du virus s'est depuis intensifiée et le département a été placé en situation épidémique le 10 avril 2014.

En Guyane, un premier foyer de transmission a été découvert à Kourou le 19 février 2014. Depuis, l'épidémie s'est étendue aux communues du litoral de Saint-Laurent-du- Maroni à Roura, ce qui a conduit les autorités sanitaires à déclaré ces communes en situation épidémique le 14 octobre 2014.

 

Dans les Antilles non françaises et dans les autres pays d'Amérique, le virus du chikungunya est présent dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Il s'est ensuite progressivement et chronologiquement propagé et installé dans les îles vierges britanniques, à La Dominique, dans les îles d'Anguilla, de Saint-Kitts & Nevis et de Sainte-Lucie, à la République Dominicaine, dans les îles de Saint-Vincent et les Grenadines, à Antigua et Barbuda, à Haiti, à Guyana, à Porto Rico, à Cuba, aux îles vierges américaines, au Suriname, au Venezuela, à La Grenade, à Aruba, à Trinité et Tobago, aux USA, aux Barbades, aux Iles Caimans, au Panama, à Curaçao, dans l'île néerlandaise de Saint-Eustache, au Guatemala et à Montserrat.

Le chikungunya a également été identifié chez des touristes revenant des régions infectées des caraibes au Brésil, dans l'île néerlandaise de Bonaire, au Pérou, au Mexique, au Costa Rica, au Paraguay, aux Bahamas, au Nicaragua, en Bolivie, à la Jamaique, en Colombie, au Canada, en Argentine, aux Bermudes, dans l'île néerlandaise de Saba, dans l'île Vénézuélienne de Margarita et en Equateur.


La situation en France, en Europe et ailleurs dans le monde


Le risque d'importation du virus du chikungunya en Europe et en France en particulier est très élevé, compte tenu des flux de circulation entre le continent et les Antilles.

 

Le 21 octobre 2014, l'ARS Languedoc Roussillon a annoncé les 4 premiers cas d'infections locales au virus du chikungunya dans la ville de Montpellier dans le quartier de Las Sorbes.

 

A la date du 08/12/2014, environ 443 cas importés et 11 locaux ont été officiellement enregistrés dans les six départements à risque situés dans le sud de la France où sévit le moustique Aedes Albopictus, vecteur de la maladie du chikungunya. Ailleurs, aucune donnée n'est pour le moment disponible, mais il est fort probable que d'autres cas existent un peu partout sur le territoire et ont été importés des caraibes durant les vacances d'été.

En Europe, l'Italie  à déclaré un premier cas importés chez une personne originaire de la ville de Campiglia située à l'ouest au sud de la Toscane, le 07 mai dernier. Un homme a déclaré la maladie dès son retour d'un séjour en République Dominicaine.

L'Espagne a déclaré, le vendredi 13 juin, ses premiers cas importés de chikungunya chez trois femmes de Catalogne ayant séjourné aux Caraibes.

 

Le 03 juillet 2014, les autorités grecs ont rapporté un cas de chikungunya chez une personne ayant séjourné en République Dominicaine.

 

En Suisse, les autorités ont comptabilisé 15 cas importés de chikungunya au 1er juillet 2014, la majorité en provenance des caraibes.

D'autres cas importés ont également été signalés aux Pays-Bas et en Allemagne chez des personnes ayant séjourné aux Antilles-Caraibes.

Ailleurs dans le monde, le virus a été exporté à l'autre extrémité de la planète, à Tahiti en Polynésie Française. Une femme d'une soixantaine d'année a été infectée par le chikungunya lors d'un séjour effectué en Guadeloupe en mai 2014.

 

Les Iles Canaries ont également enregistré trois cas importés de chikungunya chez des touristes ayant séjourné à l'étranger en juillet 2014.

 

Enfin, l'île de La Réunion est le premier pays de l'océan indien à déclarer des cas importés de chikungunya des Antilles, en juillet 2014.

 

 

Derniers bulletins épidémiologiques


Depuis la fin de l'été, les bulletins épidémiologiques de l'InVS sont publiés à fréquence mensuelle. La dernière situation actualisée concerne les semaines 1451 à 1502.


- Dans les îles françaises des Antilles et en Guyane au 18 janvier 2015

 

La situation épidémiologique publiée dans le dernier bulletin de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) concernant l'épidemie de chikunkunya dans les Antilles-Caraibes pour les semaines 1451 à 1502 est la suivante :

 

Département - COM Cas probables Cas confirmés Décès Dernière MAJ
Guadeloupe 81.200 (*) 75 22/02/2015
Guyane Française 12.308 (1)   1 22/02/2015
Martinique 72.664 (*) 83 22/02/2015
Saint-Barthélemy 1.690 22/02/2015
Saint-Martin (FR) 5.280 3 22/02/2015

 

(*) Epidémie terminée

(1) MAJ le 27/02/2015 : 12.957 cas locaux

 

Depuis la semaine 1418, les cas de chikungunya ne sont plus systématiquement confirmés par examen biologique aux Antilles. Les cas suspects et "cliniquement évocateurs" sont donc considérés comme effectifs.

Pour les 4 dernières semaines écoulées (S51 à S02), la Martinique enregistre 464 nouveaux cas de chikungunya, soit des moyennes hebdomadaires de 116 contre 335 les semaines précédentes.

 

En Guadeloupe, le nombre hebdomadaire moyen de cas cliniquement évocateur reçus par les médecins généraliste en consultation est estimé à sept depuis la mi-décembre. La circulation virale n'a pas repris depuis la fin de l’épidémie notifiée en semaine 2014-47.

 

Dans les deux collectivités d'outre-mer, la moyenne des 4 dernières semaines écoulées reste élevée : 167 nouveaux cas ont été enregistrés à Saint-Barthelémy et 350 à Saint-Martin, soit des moyennes hebdomadaires de 42 et 88 contre 60 et 67 enregistrées durant les semaines précédentes.

 

En Guyane, 10.586 cas probables ou confirmés de chikungunya ont été comptabilisés depuis le début de l'épidémie. Pour les 3 dernières semaines écoulées, 2.414 cas ont été enregistrés, soit une moyenne hebdomadaire de 805 contre 151 enregistrée lors du bilan précédent.
L'épidémie est en augmentation dans les secteurs de Kourou, de l’Ouest Guyanais, du Maroni, sur la commune de Matoury et se stabilise à Cayenne et Rémire.

 

 

Situation, évolution et lutte contre l'épidémie aux Antilles et en Guyane

 

La tendance générale est à la disparition de l'épidemie en Guadeloupe et en Martinique, à une stabilisation à Saint-Barthelémy et à augmentation à Saint-Martin et en Guyanne.

 

Les deux collectivités d'outre-mer des Antilles ont été repositionnées  en phase 2 (transmission autochtone modérée) du Psage chikungunya, après avoir enregistré une amélioration de leur situation épidémiologique au début du 2ème trimestre. Saint-Martin a été reclassifié le 30 avril 2014 et Saint-Barthelémy le 22 mai dernier.
La reprise de l'épidémie depuis quelques semaines a conduit les autorités sanitaires à renforcer les actions de préventions dans ces deux îles.

 

L'épidémie est terminée en Guadeloupe depuis la troisième semaine de novembre. En Martinique, la décroissance continue de l'épidémie a conduit la Cellule de gestion à positionner le département en phase 4 du Psage (fin d’épidémie) le 08 janvier 2015.

Enfin, les communes du littoral allant de Papaïchton à Cayenne ont été placées en phase 3 (situation épidémique)  le 23 décembre 2014. Les communes de l'intérieur restent en phase 2b  du psage chikungunya (transmission autochtone modérée avec foyers épidémiques et chaines de transmission localisée), situation établie lors de la réunion du comité d'expert du 30 mai 2014.

 

 

- Dans les autres îles des Antilles-Caraibes au 15 février 2015


La situation épidémiologique dans les îles non françaises des caraîbes  communiquée par le PAHO (Pan American Health Organization) et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1504 est la suivante :

 

Pays Cas
importés
Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Anguilla 2 52 22/02/2015
Antigua and Barbuda 18 22/02/2015
Aruba 12 427 22/02/2015
Bahamas 6 99 22/02/2015
Barbade 8 121 22/02/2015
Bonaire 5 3 22/02/2015
Cuba 20   22/02/2015
Curacao 7 835   22/02/2015
Dominique 3.916 22/02/2015
Grenade 26 22/02/2015
Haiti 64.695 22/02/2015
Iles Cayman29 15 22/02/2015
Iles vierges (UK) 47 22/02/2015
Iles vierges (US) 8 268 22/02/2015
Jamaique 2 87 22/02/2015
Margarita 4 4 22/02/2015
Montserrat 15 22/02/2015
Porto Rico 31 4.277 10 22/02/2015
République Dominicaine 539.099 6 22/02/2015
Saba   22/02/2015
Saint-Kiss & Nevis 28 22/02/2015
Saint-Martin (NL) 470 22/02/2015
Sainte-Lucie 238 22/02/2015
Saint-Eustache 8 190 22/02/2015
St-Vincent et les Grenadines 1.245 22/02/2015
Trinité et Tobago 3 303 22/02/2015
Turks and Caicos 7 19 22/02/2015

 

 

 

- En Amérique central, du nord et du sud au 15 février 2015

 

La situation épidémiologique en Amérique centrale, du nord et du sud communiquée par le PAHO et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1504 est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Argentine 36 70 22/02/2015
Belize   3 22/02/2015
Bermudes 10   22/02/2015
Bolivie 4 29 (3) 22/02/2015
Brésil 100 2.776 22/02/2015
Canada 320 22/02/2015
Chili 19 22/02/2015
Colombie 26 175.870 3 22/02/2015
Costa Rica 89 200 22/02/2015
Equateur 19 66 (2) 22/02/2015
Guatemala 27.343 4 22/02/2015
Guyana 105 22/02/2015
Honduras 5 9.326 (4) 22/02/2015
Mexique 20 241 22/02/2015
Nicaragua 40 3.797 22/02/2015
Panama 28 33 22/02/2015
Paraguay 7 124 (1) 22/02/2015
Perou 34 22/02/2015
Salvador 168.688 6 22/02/2015
Suriname 14 1.210 22/02/2015
USA 2.506 11 22/02/2015
Venezuela 70 34.642 22/02/2015

 

(1) MAJ le 24/02/2015 : 129 cas locaux

(2) MAJ le 27/02/2015 : 222 cas locaux

(3) MAJ le 27/02/2015 : 42 cas locaux

(4) MAJ le 27/02/2015 : 10.578 cas locaux

 

 

- En France, en Europe et ailleurs dans le monde au 15 février 2015

 

La situation épidémiologique en France métropolitaine et ailleurs dans le monde pour la semsemaine 1504, communiquée par l'InVS et les autorités sanitaires locales est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Allemagne 178 (1) 22/02/2015
Espagne 242   22/02/2015
France 443 11   22/02/2015
Grèce 1   22/02/2015
Iles Canaries 3   22/02/2015
Italie 15   22/02/2015
Nelle Calédonie 53 4   22/02/2015
 Pays-Bas 181     22/02/2015
Polynésie Française 1 69.000   22/02/2015
Réunion 2   22/02/2015
Royaume Uni 197   22/02/2015
Suisse 93   22/02/2015

 

(1) MAJ le 24/02/2015 : 188 cas importés

 

 


Jean-Hugues Mausy

 

Carte : carte mondiale de l'épidémie du chikungunya

Bulletins : tous les bulletins épidémiologiques

FAQ 2014 : questions/réponses sur le Chikungunya
Publications : publications scientifiques sur le chik et l'Albopictus

 

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