Chikungunya aux Antilles : l'épidémie s'installe et se propage


Publié le : 21/01/2014 à 22:00 | MAJ le : 09/11/10/2014 à 09:30   


Une épidémie de Chikungunya sévit actuellement aux Antilles après l'apparition des premiers cas suspects fin novembre 2013 dans l'île de Saint-Martin.


Historique : premiers cas à Saint-Martin


Deux cas autochtones d'infection au virus du Chikungunya ont été confirmés dans l'île de Saint-Martin le 06 décembre 2013.


Cette confirmation fait suite à la surveillance hebdomadaire qui avait été mise en place depuis le 25 novembre 2013, après le signalement des premiers cas suspects de chikungunya dans le quartier d’Oyster Pond.


Ces résultats ont conduit les autorités sanitaires à déclarer un début d’épidémie à Saint Martin et à activer la phase 3 du Psage chikungunya (Programme de Surveillance, d’alerte et de gestion d’émergence du virus Chikungunya) le jour même.

 


Propagation de l'épidémie aux îles voisines et aux pays d'Amérique


Le virus s'est depuis propagé aux îles voisines de Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy ainsi qu'en Guyane Française, avec une circulation plus ou moins importante en fonction des régions.

 

Avec une circulation du virus généralisée à l'ensemble du territoire, l'île de Saint-Martin a été placée en phase épidémique dès le 06 décembre 2013. Depuis, la situation s'est améliorée et l'île a été repositionnée en situation de transmission modérée le 30 avril 2014.

 

En Martinique où les premiers cas ont été confirmés le 18 décembre 2013, l’intensification de la circulation virale a conduit les autorités sanitaires à déclaré le département en situation épidémique le 23 janvier 2014.

 

Le 24 décembre 2013, un premier cas autochtone a été confirmé en Guadeloupe. La circulation du virus s'est depuis intensifiée et le département a été placé en situation épidémique le 10 avril 2014.

En Guyane, un premier foyer de transmission a été découvert à Kourou le 19 février 2014. Depuis, l'épidémie s'est étendue aux communues du litoral de Saint-Laurent-du- Maroni à Roura, ce qui a conduit les autorités sanitaires à déclaré ces communes en situation épidémique le 14 octobre 2014.

 

Dans les Antilles non françaises et dans les autres pays d'Amérique, le virus du chikungunya est présent dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Il s'est ensuite progressivement et chronologiquement propagé et installé dans les îles vierges britanniques, à La Dominique, dans les îles d'Anguilla, de Saint-Kitts & Nevis et de Sainte-Lucie, à la République Dominicaine, dans les îles de Saint-Vincent et les Grenadines, à Antigua et Barbuda, à Haiti, à Guyana, à Porto Rico, à Cuba, aux îles vierges américaines, au Suriname, au Venezuela, à La Grenade, à Aruba, à Trinité et Tobago, aux USA, aux Barbades, aux Iles Caimans, au Panama, à Curaçao, dans l'île néerlandaise de Saint-Eustache, au Guatemala et à Montserrat.

Le chikungunya a également été identifié chez des touristes revenant des régions infectées des caraibes au Brésil, dans l'île néerlandaise de Bonaire, au Pérou, au Mexique, au Costa Rica, au Paraguay, aux Bahamas, au Nicaragua, en Bolivie, à la Jamaique, en Colombie, au Canada, en Argentine, aux Bermudes, dans l'île néerlandaise de Saba, dans l'île Vénézuélienne de Margarita et en Equateur.


La situation en France, en Europe et ailleurs dans le monde


Le risque d'importation du virus du chikungunya en Europe et en France en particulier est très élevé, compte tenu des flux de circulation entre le continent et les Antilles.

 

Le 21 octobre 2014, l'ARS Languedoc Roussillon a annoncé les 4 premiers cas d'infections locales au virus du chikungunya dans la ville de Montpellier dans le quartier de Las Sorbes.

 

A la date du 24/10/2014, environ 408 cas importés et 5 locaux ont été officiellement enregistrés dans les six départements à risque situés dans le sud de la France où sévit le moustique Aedes Albopictus, vecteur de la maladie du chikungunya. Ailleurs, aucune donnée n'est pour le moment disponible, mais il est fort probable que d'autres cas existent un peu partout sur le territoire et ont été importés des caraibes durant les vacances d'été.

En Europe, l'Italie  à déclaré un premier cas importés chez une personne originaire de la ville de Campiglia située à l'ouest au sud de la Toscane, le 07 mai dernier. Un homme a déclaré la maladie dès son retour d'un séjour en République Dominicaine.

L'Espagne a déclaré, le vendredi 13 juin, ses premiers cas importés de chikungunya chez trois femmes de Catalogne ayant séjourné aux Caraibes.

 

Le 03 juillet 2014, les autorités grecs ont rapporté un cas de chikungunya chez une personne ayant séjourné en République Dominicaine.

 

En Suisse, les autorités ont comptabilisé 15 cas importés de chikungunya au 1er juillet 2014, la majorité en provenance des caraibes.

D'autres cas importés ont également été signalés aux Pays-Bas et en Allemagne chez des personnes ayant séjourné aux Antilles-Caraibes.

Ailleurs dans le monde, le virus a été exporté à l'autre extrémité de la planète, à Tahiti en Polynésie Française. Une femme d'une soixantaine d'année a été infectée par le chikungunya lors d'un séjour effectué en Guadeloupe en mai 2014.

 

Les Iles Canaries ont également enregistré trois cas importés de chikungunya chez des touristes ayant séjourné à l'étranger en juillet 2014.

 

Enfin, l'île de La Réunion est le premier pays de l'océan indien à déclarer des cas importés de chikungunya des Antilles, en juillet 2014.

 

 

Derniers bulletins épidémiologiques


Depuis le début de l'été, les bulletins épidémiologiques de l'InVS sont publiés à fréquence bi-mestrielle. La dernière situation actualisée concerne les semaines 1441 et 1442.


- Dans les îles françaises des Antilles et en Guyane au 26 octobre 2014

 

La situation épidémiologique publiée dans le dernier bulletin de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) concernant l'épidemie de chikunkunya dans les Antilles-Caraibes pour les semaines 1441 et 1442 est la suivante :

 

Département - COM Cas probables Cas confirmés Décès Dernière MAJ
Guadeloupe 80.370 65 26/10/2014
Guyane Française 5.910   26/10/2014
Martinique 68.430 74 26/10/2014
Saint-Barthélemy 1.060 26/10/2014
Saint-Martin (FR) 4.330 3 26/10/2014

 

 

Depuis la semaine 18, les cas de chikungunya ne sont plus systématiquement confirmés par examen biologique  aux Antilles. Les cas suspects et "cliniquement évocateurs" sont donc considérés comme effectifs.
 
Pour les semaines 41 et 41, la Guadeloupe enregistre 560 nouveaux cas de chikungunya et la Martinique 1.990, soit des moyennes hebdomadaires respectives de 280 et 995 contre 845 et 1.095 la semaine précédente. L'épidémie repart à la baisse en Guadeloupe après une hausse la quinzaine précédente et continue de baisser régulièrement en Martinique.

 

On enregistre également un total de 135 décès ayant pour cause directe ou indirecte le virus du chikungunya dans ces deux départements, dont 65 en Guadeloupe (+6) et 74 en Martinique (+5).

Dans les deux collectivités d'outre-mer, l'épidémie est quasi-stable à Saint-Barthelémy (35 cas pour la quinzaine écoulée contre 40 la quinzaine précédente) et repart à la hausse à Saint-Martin où le dernier bilan s'élève à 90 contre 70 enregistrés durant les deux semaines précédentes.

 

En Guyane, 5.910 cas probables ou confirmés de chikungunya ont été comptabilisés (+1.050), soit une moyenne hebdomadaire de 525 contre 796 enregistrée lors du bilan précédent. L'épidémie se poursuit dans les communes du littoral.

 

 

Situation, évolution et lutte contre l'épidémie aux Antillese aux Antilles

 

La tendance générale est à une diminution de l'épidémie en Guadeloupe, Martinique et Saint-Barthelémy, au maintient à Saint-Martin et à la poursuite en Guyane.

 

Les deux collectivités d'outre-mer des Antilles ont été repositionnées  en phase 2 (transmission autochtone modérée) du Psage chikungunya, après avoir enregistré une amélioration de leur situation épidémiologique au début du 2ème trimestre. Saint-Martin a été reclassifié le 30 avril 2014 et Saint-Barthelémy le 22 mai dernier.

 

Les îles de la Martinique et de la Guadeloupe ont été placés en phase 3b (épidémie généralisée) du Psage chikungunya depuis le 26 juin dernier en raison de l'intensification de la circulation virale.

Enfin, les communes du littoral allant de Saint-Laurent-du-Maroni à Roura en Guyane ont été placées en phase 3 (situation épidémique)  le 14 octobre 2014. Les communes de l'intérieur restent en phase 2b  du psage chikungunya (transmission autochtone modérée avec foyers épidémiques et chaines de transmission localisée), situation établie lors de la réunion du comité d'expert du 30 mai 2014.

 

 

- Dans les autres îles des Antilles-Caraibes au 26 octobre 2014


La situation épidémiologique dans les îles non françaises des caraîbes  communiquée par le PAHO (Pan American Health Organization) et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1443 est la suivante :

 

Pays Cas
importés
Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Anguilla 2 45 26/10/2014
Antigua and Barbuda 18 26/10/2014
Aruba 12 22' 26/10/2014
Bahamas 4 79 26/10/2014
Barbade 8 49''''' 26/10/2014
Bonaire 5 3 26/10/2014
Cuba 20   26/10/2014
Curacao  7 458   26/10/2014
Dominique 3.916 26/10/2014
Grenade 26 26/10/2014
Haiti 64.695 26/10/2014
Iles Cayman 22* 4^ 26/10/2014
Iles vierges (UK) 44 26/10/2014
Iles vierges (US) 6 65'' 26/10/2014
Jamaique 2 57 ** 26/10/2014
Margarita 4 26/10/2014
Montserrat 4*** 26/10/2014
Porto Rico 30''' 2974^^^ 3'''' 26/10/2014
République Dominicaine 498.916 6 26/10/2014
Saba 1   26/10/2014
Saint-Kitts & Nevis 28 26/10/2014
Saint-Martin (NL) 402 26/10/2014
Sainte-Lucie 120 26/10/2014
Saint-Eustache 8 18 26/10/2014
St-Vincent et les Grenadines 494  26/10/2014
Trinité et Tobago 3 93^^ 26/10/2014
Turks and Caicos 7 10 26/10/2014

 

*   MAJ le 29/10/2014 : 24 cas importés

**  MAJ le 28/10/2014 : 70 cas locaux

*** MAJ le 28/10/2014 : 11 cas locaux

^    MAJ le 05/11/2014 : 6 cas locaux

^^  MAJ le 30/10/2014 : 137 cas locaux

^^^MAJ le 30/10/2014 : 3.242 cas locaux

'     MAJ le 09/11/2014 : 33 cas locaux

''    MAJ le 09/11/2014 : 86 cas locaux

'''   MAJ le 09/11/2014 : 31 cas importés

''''  MAJ le 09/11/2014 : 4 cas décès

''''  MAJ le 09/11/2014 : 58 cas locaux

 

Le bulletin hebdomadaire du PAHO ne répertoriant que les cas officiels qui lui sont signalés en milieu de semaine, il est complété par des données compilées à partir des journaux locaux et les bulletins officiels de dernière minute.

 

Dans les Caraibes, les 31 îles les plus importantes d'Anguilla à Turks and Cairos en passant par Cuba, Haiti, la Jamaique ou la République Dominicaine ont déclaré des cas locaux ou importés de chikungunya.

Pour la semaine écoulée, certains pays déjà concernés par l'épidémie ont rapporté de nouveaux cas locaux ou importés du virus.

 

 

Nouveaux cas importés :

 

- Iles Cayman : les autorités sanitaires locales ont rapporté 22 cas importés (+1) de chikungunya, ce qui porte à 26 le nombre de cas comptabilisés aux îles Caymans. Seize personnes ont été contaminées en Jamaique, 3 au Guyana, 2 en République Dominicaine et une personne a importé le virus de Sainte-Lucie.

 

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Anguilla : dans le dernier Epidemiological Week/EW 43 du 24 octobre 2014, le PAHO rapporte 45 cas locaux de chikungunya (+7) à Anguilla et 2 Cas importés.

 

- Barbades : le PAHO rapporte 57 cas d'infections au virus du chikungunya dont 49 locales (+9) et 8 importés. Ce nombre serait beaucoup plus élevé selon les autorités sanitaires locales.

 

- Curacao : les autorités sanitaires locales ont annoncé une explosion du nombre de cas locaux de chikungunya à Curacao. Sur 1.500 signalements reçus, 458 personnes (+400) ont été confirmées positives au virus.

 

- Dominique : dans son dernier bulletin N° 38 en date du 20/10/2014, le CARPHA (Caribbean Public Health Agency) rapporte 3.916 (+179) cas d'infections au virus du chikungunya à La Dominique.

 

- Iles vierges UK : les autorités sanitaires locales sortent d'une longue léthargie de 6 mois (le dernier bilan datait de la semaine 1418) et communiquent de nouveau sur la situation épidémique locale. Le CARPHA rappote 44 cas locaux (+24) de chikungunya dans l'archipel britannique.

 

- Iles vierges US : dans le dernier Chikungunya Surveillance Weekly Report concernant la semaine du 28 Sept au 04 Oct 2014, l'US Virgin Islands Department of Health rapporte 65 cas locaux (+1) de chikungunya et 6 importés dans l'archipel. Au total, 71 personnes ont été infectées par le virus dont  dont 3 sur l'île de St-John, 5 sur l'île de St-Croix et 63 sur l'île de St-Thomas.

 

- Porto Rico : 2.974 cas locaux  (+383)  de chikungunya et 30 importés (+4) ont été enregistrés à Porto Rico lors du dernier bilan publié le 22 octobre par les autorités sanitaires. Après une baisse enregistrée la semaine dernière (-44%), le nombre de nouveaux cas repart à la hausse (+217%) cette semaine.

 

- République Dominicaine : le dernier bilan effectué le 09/10/2014 par les autorités sanitaires dominicaines faisait état de 498.916 cas locaux de chikungunya. Cela représentait 12.610 cas supplémentaires par rapport au dernier bilan publié  le 17 septembre 2014, une évolution à la baisse par rapport aux semaines précédentes.

 

- St-Vincent et les Grenadines : la fin de l'été et de la période touristique semble avoir mis fin à la période de mutisme (pour cause d'intérêts économiques) de certains pays des Caraibes.
Après La Dominique, les îles Vierges Britanniques (et bientôt St-Kiss and Nevis et autres Turks and Cairos), les autorités sanitaires locales nous annoncent 494 (+98) cas de chikungunya.

 

 

La situation demeure officiellement inchangée pour les autres pays des Caraibes.

 

 

- En Amérique central, du nord et du sud au 26 octobre 2014

 

La situation épidémiologique en Amérique centrale, du nord et du sud communiquée par le PAHO et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1442 est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Argentine 17 26/10/2014
Bermudes 1''' 26/10/2014
Bolivie 3 26/10/2014
Brésil 38^^^ 789 26/10/2014
Canada 201 26/10/2014
Chili 2 26/10/2014
Colombie 23** 16.662** 1 26/10/2014
Costa Rica 19 2 26/10/2014
Equateur 1   26/10/2014
Guatemala 74 26/10/2014
Guyana 105 26/10/2014
Honduras 03/11/2014
Mexique 6''''' 26/10/2014
Nicaragua 51* 26/10/2014
Panama 25 13'' 26/10/2014
Paraguay 1' 1'''' 26/10/2014
Perou 7 26/10/2014
Salvador   71.548^ 26/10/2014
Suriname 14 864 26/10/2014
USA 1.471^^ 11 26/10/2014
Venezuela 70 7.072*** 26/10/2014

 

° NEW le 09/11/2014 : 9 cas locaux + 5 cas importés

 

*    MAJ le 04/11/2014 : 225 cas importés

**   MAJ le 09/11/2014 : 19.433 cas locaux et 26 cas importés

*** MAJ le 28/10/2014 : 9.831 cas importés

^    MAJ le 09/11/2014 : 93.125 cas locaux

^^  MAJ le 09/11/2014 : 1.598(Caraibes) + 9 (Pacifique) + 9 (Asie)

^^^MAJ le 30/10/2014 : 39 cas importés

'    MAJ le 04/10/2014 : 3 cas importés

''   MAJ le 01/11/2014 : 12 cas locaux

'''   MAJ le 03/11/2014 : 2 cas importés

'''   MAJ le 04/11/2014 : 1 cas local

''''  MAJ le 09/11/2014 : 10 cas importés

 

Malgré un nombre croissant de cas suspects de chikungunya signalés quotidiennement, le Honduras n'a toujours pas confirmé l'existence d'une épidémie sur son territoire. Trois personnes auraient été infectées par le virus dans la ville de San Francisco, mais ces informations n'ont pas été confirmées par le PAHO.

 

Belize en Amérique centrale ainsi que l'Uruguay en Amérique du sud sont également les derniers pays du continent américain à ne pas avoir signalé des cas locaux ou importés de chikungunya.

 

Ailleurs, de nouveaux cas de chikungunya ont été rapportés par les pays déjà concernés par l'épidémie.

 

Nouveaux cas importés :

 

- Argentine : le dernier bulletin hebdomadaire du PAHO fait état de 17 cas importés  (+3)  de chikungunya en Argentine. Deux personnes originaires de Santa Fé ont infectées lors d'un séjour au Venezuela.

 

- Canada : les autorités sanitaires du Canada ont effectué un bilan des personnes infectées par le chikungunya lors de leurs vacances cet été aux caraibes. Un total de 201 personnes ont infectées par le virus, soit 193 de plus que les 8 personnes comptabilisées au début du mois d'août.

 

- Costa Rica : les autorités sanitaires locales ont rapporté 19 cas importés (+1) de chikungunya, ce qui porte à 21 le nombre total de cas comptabilisés dans le pays. Deux personnes dont un autochtone et une touriste française ont été contaminées localement au Costa Rica.

 

- Nicaragua : de nouveaux cas d'infections au virus du chikungunya ont été rapportés par les autorités sanitaires du Nicaragua cette semaine. Au total, 51 personnes ont importé le virus "d'autres pays de la région", soit 11 de plus que la semaine précédente.

 

- Panama : les autorités sanitaires du Panama ont annoncé 25 (+4) cas d'infections au virus du chikungunya. Treize personnes ont également été contaminées localement, ce qui porte à 38 le nombre de cas comptabilisés dans le pays.

 

- USA : 1.471 cas importés de chikungunya (+100) ont été comptabilisés aux USA depuis le début de l'épidémie, une hausse importante (+122%) par rapport au 45 nouveaux cas enregistrés la semaine dernière. Au total, 47 des 50 états américains ont enregistré au moins un cas importé de chikungunya, dont 397 cas (27%) pour l'Etat de New-York et 265 cas (18%) pour celui de Floride.

 

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Brésil : le dernier bilan hebdomadaire communiqué par les autorités sanitaires brésiliennes fait état d'au moins 789 cas d'infections locales (+490) au virus du chikungunya et 38 cas importés. L'Etat de Bahia enregistre 458 cas, celui d'Amapa 330 et au moins 1 cas a été comptabilisé dans l'Etat de Minas Gerais.

 

- Colombie : le PAHO rapporte 16.662 cas locaux  (+3.204)  de chikungunya en Colombie au cours de la semaine écoulée, une évolution à la baisse par rapport aux semaines précédentes.
23 cas importés (+2) ont également été enregistrés dans le pays.

 

- Salvador : 71.548 cas de chikungunya ont été enregistrés au Salvador, soit 12.691 cas de plus par rapport à la semaine précédente. L'épidémie croit régulièrement depuis 3 mois et ne semble pas marquer le pas.

 

- Venezuela : après avoir jonglé avec les cas suspects pendant des semaines, les autorités sanitaires vénézueliennes ont décidé de les officialiser et annoncent 7.072 cas d'infections locales au virus du chikungunya dans le pays.  Cela représente 6.236 cas supplémentaires par rapport au 836 du bilan précédent.

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Amérique.

 

 

- En France, en Europe et ailleurs dans le monde au 26 octobre 2014

 

La situation épidémiologique en France métropolitaine et ailleurs dans le monde pour la semaine 1443, communiquée par l'InVS et les autorités sanitaires locales est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Allemagne 98* 26/10/2014
Espagne 202**   26/10/2014
France 408^^ 5***   26/10/2014
Grèce 1   26/10/2014
Iles Canaries  3   26/10/2014
Italie 15   26/10/2014
Nelle Calédonie   03/11/2014
 Pays-Bas 4     26/10/2014
Polynésie Française 1 287^^^   26/10/2014
Réunion  2   26/10/2014
Suisse 62^   26/10/2014

 

° NEW - MAJ le 04/11/2014 : 2 cas importés

 

*   MAJ le 03/11/2014 : 109 cas importés

**  MAJ le 09/11/2014 : 206 cas importés

*** MAJ le 31/10/2014 : 7 cas locaux

^^  MAJ le 09/11/2014 : 67 cas importés

^^  MAJ le 03/11/2014 : 413 cas importés

^^^MAJ le 04/11/2014 : 541 cas locaux

 

- France : Le dernier bulletin hebdomadaire de l'InVS en date du 24 octobre 2014 pour la semaine 1443 comptabilisait 408 cas importés de chikungunya (+14)  en France métropolitaine.
 
Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, des cas locaux de chikungunya ont été enregistrés sur le territoire métropolitain dans le quartier de Las Sorbes à Montpellier. Quatre personnes d'une même famille n'ayant pas séjourné récemment à l'étranger ont été infectées par le chikungunya.
Les voisins de la famille infectée auraient séjourné dans "un pays étranger" concerné par le chikungunya.
Malgré la discrétion des autorités françaises sur l'origine de ce cas, l'OMS dont la préoccupation première est de nous informer pour mieux nous protéger nous apprend que le cas voisin a été importé du Caméroun.

On peut s'étonner du silence des autorités françaises qui ne souhaitaient pas "mettre en péril le droit des personnes", alors que tous les cas importés des antilles françaises ont jusqu'à présent été signalés. Est-il moins "périlleux" de signaler un antillais ou un métropolitain atteint du chikungunya qu'un camérounais ?
Et en cas d'importation de cas d'ébola, les autorités françaises auront-elles également le soucis premier de protéger le droit des personnes "contaminateurs" au détriment de la santé et du droit à l'information des personnes contaminées ?

 

La France métropolitaine a également enregistré quatre cas d'infections locales au virus de la dengue dont deux dans le Var les 21 août et 12 septembre 2014 et deux dans les Bouches du Rhône les 19 septembre et 06 octobre 2014.

 

Pour rappel, depuis le début de l'épidémie, les autorités sanitaires françaises ne répertorient que les cas situés dans les 18 départements à risque du sud de la France, alors que des témoignages de touristes touchés par la maladie et qui résident ailleurs, continuent à nous parvenir.

 

Un état sanitaire de l'ensemble du pays s'impose car à l'instar du nuage de Tchernobyl, le virus du chikungunya et son hôte, l'aedes Albopictus, ne se cantonneront pas éternellement au sud de la Loire.

 

- Allemagne : le dernier Epidemiologisches Bulletin en date du 20/10/2014 fait état de 6 nouveaux cas importés de chikungunya, ce qui porte à 98 le nombre total d'infections comptabilisées en Allemagne.

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Europe ayant signalé des cas importés de chikungunya.

 

- Océan indien : L'île de La Réunion a enregistré en juillet ses deux premiers cas de chikungunya en provenance de l'épidémie antillaise. Un tiers environ des réunionnais étant immunisé contre la souche africaine du chikungunya, cette immunité devrait agir contre la souche asiatique et limitée une éventuelle nouvelle épidémie dans l'île.

 

- Polynésie française : deux semaines après la confirmation des 15 premiers cas locaux de chikungunya à Tahiti dans la commune  de  Teva i uta, l'épidémie commence à prendre de l'ampleur en Polynésie.
Avec 287 cas confirmés, l'épidémie est bien installée sur la grande île et commence à se propager aux atolls voisins : Bora Bora et Raivavae ont des cas confirmés, ainsi qu'Apataki où des cas suspects ont été confirmés positifs.

 

Analyse et conclusions


L'épidémie de Chikungunya 2014 aux Antilles Françaises et dans les îles des caraibes connait la même dynamique et suit la même évolution que celle de 2006 à l'île de La Réunion et dans les îles de l'océan indien.

A partir de quelques cas solidement implantés dans une région, le virus se propage d'abord aux îles voisines et ensuite au reste de la planète par l'intermédiaire des déplacements de population.

La situation en 2014 est beaucoup plus préoccupante que celle de 2006, car un continent tout entier est sous la menace du virus, du fait de la présence quasi-généralisée des moustiques vecteurs (les  Aedes Albopictus et Aedes Aegypti) dans l'ensemble des pays d'Amérique.

 

Les autres pays de la planète où les moustiques vecteurs de la maladie du Chikungunya sont présents, sont aussi potentiellement menacés par une épidémie locale. En effet, outre les séjours touristiques dans les pays d'Amérique et des Caraibes où le virus est actif, la coupe du monde 2014 au Brésil risque d'être une occasion supplémentaire de propagation du virus à l'ensemble de la planète, si une épidémie venait à se déclarer dans ce pays.

La maladie du chikungunya caractérisée par de fortes douleurs articulaires, musculaires et une fièvre très élèvée est rarement mortelle, sauf chez les jeunes enfants, les personnes agées ou déjà atteintes de pathologies graves.
Cependant, les dommages causés à l'économie et aux structures sanitaires peuvent être très importants. L'affluence massive et simultanée de milliers de personnes atteintes de la même maladie, au même moment et au même endroit peut en effet paralyser le système de soin et l'activité économique d'une région ou d'un pays tout entier.
Des séquelles physiques et phychologiques peuvent également survenir chez un nombre non négligeable de personnes souffrant de douleurs articulaires plusieurs mois voire plusieurs années après une infection.

En conséquence, les autorités  scientifiques et sanitaires, nationales et internationales doivent plus que jamais travailler en concertation pour prévenir, soigner et protéger les populations des épidémies et maladies causées par le virus du Chikungunya.

 


Jean-Hugues Mausy

 

Carte : carte mondiale de l'épidémie du chikungunya

Bulletins : tous les bulletins épidémiologiques

FAQ 2014 : questions/réponses sur le Chikungunya
Publications : publications scientifiques sur le chik et l'Albopictus

 

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Carte de l'épidémie de chikungunya aux Antilles