Chikungunya aux Antilles : l'épidémie s'installe et se propage


Publié le : 21/01/2014 à 22:00 | MAJ le : 20/08/2014 à 22:00    


Une épidémie de Chikungunya sévit actuellement aux Antilles après l'apparition des premiers cas suspects fin novembre 2013 dans l'île de Saint-Martin.


Historique : premiers cas à Saint-Martin


Deux cas autochtones d'infection au virus du Chikungunya ont été confirmés dans l'île de Saint-Martin le 06 décembre 2013.


Cette confirmation fait suite à la surveillance hebdomadaire qui avait été mise en place depuis le 25 novembre 2013, après le signalement des premiers cas suspects de chikungunya dans le quartier d’Oyster Pond.


Ces résultats ont conduit les autorités sanitaires à déclarer un début d’épidémie à Saint Martin et à activer la phase 3 du Psage chikungunya (Programme de Surveillance, d’alerte et de gestion d’émergence du virus Chikungunya) le jour même.

 


Propagation de l'épidémie aux îles voisines et aux pays d'Amérique


Le virus s'est depuis propagé aux îles voisines de Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy ainsi qu'en Guyane Française, avec une circulation plus ou moins importante en fonction des régions.

 

Avec une circulation du virus généralisée à l'ensemble du territoire, l'île de Saint-Martin a été placée en phase épidémique dès le 06 décembre 2013. Depuis, la situation s'est améliorée et l'île a été repositionnée en situation de transmission modérée le 30 avril 2014.

 

En Martinique où les premiers cas ont été confirmés le 18 décembre 2013, l’intensification de la circulation virale a conduit les autorités sanitaires à déclaré le département en situation épidémique le 23 janvier 2014.

 

Le 24 décembre 2013, un premier cas autochtone a été confirmé en Guadeloupe. La circulation du virus s'est depuis intensifiée et le département a été placé en situation épidémique le 10 avril 2014.

En Guyane, les autorités sanitaires ont placé le département en situation de circulation autochtone modérée après la découverte d'un foyer de transmission à Kourou le 19 février 2014.

 

Dans les Antilles non françaises et dans les autres pays d'Amérique, le virus du chikungunya est présent dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Il s'est ensuite progressivement et chronologiquement propagé et installé dans les îles vierges britanniques, à La Dominique, dans les îles d'Anguilla, de Saint-Kitts & Nevis et de Sainte-Lucie, à la République Dominicaine, dans les îles de Saint-Vincent et les Grenadines, à Antigua et Barbuda, à Haiti, à Guyana, à Porto Rico, à Cuba, aux îles vierges américaines, au Suriname, au Venezuela, à La Grenade, à Aruba, à Trinité et Tobago, aux USA, aux Barbades, aux Iles Caimans, au Panama et à Curaçao.

Le chikungunya a également été identifié chez des touristes revenant des régions infectées des caraibes au Brésil, dans l'île néerlandaise de Bonaire, au Pérou, au Mexique, au Costa Rica, au Paraguay, aux Bahamas, au Nicaragua, en Bolivie, à la Jamaique, en Colombie, au Canada et en Argentine.


La situation en France, en Europe et ailleurs dans le monde


Le risque d'importation du virus du chikungunya en Europe et en France en particulier est très élevé, compte tenu des flux de circulation entre le continent et les Antilles.

 

Environ 240 cas de chikungunya ont été importés officiellement dans les zones à risque situées dans le sud de la France où sévit le moustique Aedes Albopictus, vecteur de la maladie du chikungunya. Ailleurs, aucune donnée n'est pour le moment disponible, mais il est fort probable que d'autres cas importés existent et seront de plus en plus nombreux un peu partout sur le territoire après les vacances d'été.

En Europe, l'Italie  à déclaré un premier cas importés chez une personne originaire de la ville de Campiglia située à l'ouest au sud de la Toscane, le 07 mai dernier. Un homme a déclaré la maladie dès son retour d'un séjour en République Dominicaine.

L'Espagne a déclaré, le vendredi 13 juin, ses premiers cas importés de chikungunya chez trois femmes de Catalogne ayant séjourné aux Caraibes.

 

Le 03 juillet 2014, les autorités grecs ont rapporté un cas de chikungunya chez une personne ayant séjourné en République Dominicaine.

 

En Suisse, les autorités ont comptabilisé 15 cas importés de chikungunya au 1er juillet 2014, la majorité en provenance des caraibes.

D'autres cas importés ont également été signalés aux Pays-Bas et en Allemagne chez des personnes ayant séjourné aux Antilles-Caraibes.

Ailleurs dans le monde, le virus a été exporté à l'autre extrémité de la planète, à Tahiti en Polynésie Française. Une femme d'une soixantaine d'année a été infectée par le chikungunya lors d'un séjour effectué en Guadeloupe en mai 2014.

 

Les Iles Canaries ont également enregistré trois cas importés de chikungunya chez des touristes ayant séjourné à l'étranger en juillet 2014.

 

Enfin, l'île de La Réunion est le premier pays de l'océan indien à déclarer des cas importés de chikungunya des Antilles, en juillet 2014.

 

Derniers bulletins épidémiologiques


Les bulletins épidémiologiques de l'InVS sont publiés à fréquence bi-mestrielle durant cette période estivale. La dernière situation actualisée concerne les semaines 1431 et 1432.


- Dans les iles françaises des Antilles et en Guyane au 17 Août 2014

 

La situation épidémiologique publiée dans le dernier bulletin de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) concernant l'épidemie de chikunkunya dans les Antilles-Caraibes pour les semaines 1431 et 1432 est la suivante :

 

Département - COM Cas probables Cas confirmés Décès Dernière MAJ
Guadeloupe 73.120 7 17/08/2014
Guyane Française ---- 1.665 17/08/2014
Martinique 55.920 19 17/08/2014
Saint-Barthélemy 860 17/08/2014
Saint-Martin (FR) 3.860 3 17/08/2014

 

 

Depuis la semaine 18, les cas de chikungunya ne sont plus systématiquement confirmés par examen biologique  aux Antilles. Les cas suspects et "cliniquement évocateurs" sont donc considérés comme effectifs.
 
Pour les semaines 31 et 32, la Guadeloupe enregistre 3.380 nouveaux cas suspects et la Martinique 3.360, soit des moyennes hebdomadaires respectives de 1.690 et 1.680 contre 3.370 et 1.810 la semaine précédente. L'épidémie est donc en forte baisse en Guadeloupe et en légère diminution en Martinique.
Ces données seront à confirmer après les vacances scolaires, tous les médecins sentinelles n'étant pas forcément en activité.

Dans les deux collectivités d'outre-mer de Saint-Martin et Saint-Bartelémy, la situation est quasi stable par rapport aux semaines précédentes.

 

Saint-Martin enregistre le même nombre de cas hebdomadaires que la quizaine précédente, soit 50 tandis que l'épidémie diminue légèrement à Saint-Barthelémy où 30 cas ont été  enregistrés par semaine contre 35 lors du bilan précédent.

 

L'épidémie de chikungunguya s'étend en Guyane qui enregistre la plus forte croissance depuis le début de l'année. Avec 471 nouveaux cas déclarés (+39%), ce sont 1.665 cas qui ont été comptabilisés depuis le premier cas importé dans le département le 27 décembre 2013.

 

 

Situation, évolution et lutte contre l'épidémie aux Antilles

 

La tendance générale qui est à une forte diminution en Guadeloupe, à une régression en Martinique et à Saint-Barthelémy, à la stabilisation à Saint-Martin et à une forte progression en Guyane devra être confirmée après la période des vacances scolaires.

 

Les deux collectivités d'outre-mer des Antilles ont été repositionnées  en phase 2 (transmission autochtone modérée) du Psage chikungunya, après avoir enregistré une amélioration de leur situation épidémiologique au début du 2ème trimestre. Saint-Martin a été reclassifié le 30 avril 2014 et Saint-Barthelémy le 22 mai dernier.

 

Les îles de la Martinique et de la Guadeloupe ont été placés en phase 3b (épidémie généralisée) du Psage chikungunya depuis le 26 juin dernier en raison de l'intensification de la circulation virale.

Enfin, depuis le 30 mai 2014, la Guyane a évolué vers la phase 2b  du psage chikungunya (transmission autochtone modérée avec foyers épidémiques et chaines de transmission localisée).
En raison de la forte intensification de l'activité virale enregistrée ces dernières semaines, le Comité d’experts des maladies émergentes à caractère épidémique doit se réunir afin d’évaluer la situation dans le Département.

 

 

- Dans les autres îles des Antilles-Caraibes au 17 août 2014


La situation épidémiologique dans les îles non françaises des caraîbes  communiquée par le PAHO (Pan American Health Organization) et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1433 est la suivante :

 

Pays Cas
importés
Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Anguilla 2 38 17/08/2014
Antigua and Barbuda 15 17/08/2014
Aruba 1 15 17/08/2014
Bahamas 4 13 17/08/2014
Barbade 6 1 17/08/2014
Bonaire 1 17/08/2014
Cuba 13   17/08/2014
Curacao  20 1   17/08/2014
Dominique 3.700 17/08/2014
Grenade 5 17/08/2014
Haiti 64.695 17/08/2014
Iles Cayman 4 1 17/08/2014
Iles vierges (UK) 20 17/08/2014
Iles vierges (US) 2 2 17/08/2014
Jamaique 2 8 17/08/2014
Porto Rico 18 690 17/08/2014
République Dominicaine 416.135 6 17/08/2014
Saint-Kitts & Nevis 28 17/08/2014
Saint-Martin (NL) 372 17/08/2014
Sainte-Lucie 30 17/08/2014
St-Vincent et les Grenadines 396 17/08/2014
Trinité et Tobago 3 19  17/08/2014
Turks and Caicos 7 10 17/08/2014

 

 

Le bulletin hebdomadaire du PAHO ne répertoriant que les cas officiels qui lui sont signalés en milieu de semaine, il est complété par des données compilées à partir des journaux locaux et les bulletins de dernière minute.

Aucun nouveau pays des Caraibes n'a officiellement déclaré des cas de chikungunya cette semaine. De nouveaux cas locaux et importés ont été rapportés dans les pays déjà concernés par l'épidémie.

 

Nouveaux cas importés :

 

- Cuba : les autorités sanitaires cubaines ont confirmé deux nouveaux cas d'infection au virus de chikungunya ce qui porte à 13 le nombre total de cas officiellement importés dans le pays.

 

- Curaçao : un total de 21 cas de chikungunya ont été enregistrés dans l'île, soit 12 cas importés supplémentaires. Les nouveaux malades ont déclarés la maladie en juillet, mais trois semaines ont été nécessaires pour confirmer la présence du virus.

 

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Aruba : le CARPHA (Caribbean Public Health Agency) rapporte 1 nouveau cas local de chikungunya à Aruba, ce qui porte à 16 le nombre total d'infections dans le pays.

 

- Jamaique : les autorités sanitaires jamaicaines ont confirmé six nouveaux cas d'infections locales au virus du chikungunya dont deux étudiants de l'Université de West Indies.

 

- Porto Rico : l'épidémie de chikungunya explose à Porto Rico où les autorités sanitaires rapportent 690 cas locaux (+321) et 18 importés (+1). Au total, 708 cas (+83%) de chikungunya ont été enregistrés dans l'île depuis le 29 mai dernier.

 

- Trinité et Tobago : le ministre de la santé a annoncé la présence d'environ 80 cas de chikungunya dans l'île, dont 22 sont confirmés (+10) et 60 suspectés. Trois des personnes infectées ont importé le virus dans l'île.

 

- République Dominicaine : 416.135 cas d'infections au virus du chikungunya ont été enregistrés dans l'île, soit 45.994 cas supplémentaires par rapport à la semaine précédente. La hausse enregistrée la semaine dernière se confirme, même si elle est moins importante. 
Six décès (+3) en rapport avec la maladie ont également été enregistrés dans l'île.

 

La situation demeure officiellement inchangée pour les autres pays des Caraibes.

 

 

- En Amérique central, du nord et du sud au 17 août 2014

 

La situation épidémiologique en Amérique centrale, du nord et du sud communiquée par le PAHO et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1433 est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Argentine 2 17/08/2014
Bolivie 3 17/08/2014
Brésil 30 17/08/2014
Canada 8 17/08/2014
Chili 2 17/08/2014
Colombie 1   17/08/2014
Costa Rica 6* 1 17/08/2014
Guyana 76 17/08/2014
Mexique 1 17/08/2014
Nicaragua 2 17/08/2014
Panama 13 1 17/08/2014
Paraguay 1 17/08/2014
Perou 3 17/08/2014
Salvador 3.575 17/08/2014
Suriname 5 54 17/08/2014
USA 580*** 4^ 17/08/2014
Venezuela 70 82** 17/08/2014

 

*    MAJ le 20/08/2014 : 13 cas importés

**  MAJ le 20/08/2014 : 90 cas locaux

*** MAJ le 20/08/2014 : 628 (Caraibes) + 5 (Pacifique) + 3 (Asie)

^   MAJ le 20/08/2014 : 6 cas locaux en Floride

 

Un nouveau pays d'Amérique du sud a officiellement déclaré des cas de chikungunya cette semaine : l'Argentine.
Les autorités sanitaires argentines ont rapporté deux cas d'infections au virus du chikugnuya importés de la République Dominicaine.

D'autres pays du continent américain signalent également de nouveaux cas locaux ou importés de chikungunya cette semaine.

 

Nouveaux cas importés :

 

- Brésil : le ministère de la santé brésilien a confirmé 30 cas d'infections (+10) au virus du chikungunya dans le pays. Tous les malades ont été contaminés en Haiti et en République dominicaine.

 

- USA : 100 nouveaux cas de chikungunya ont été importés aux Etats-Unis au cours de la semaine précédente.  Au total, 580 cas importés ont été comptabilisés dans le pays depuis le début de l'épidémie dont 138 (24%) pour la Floride qui enregistre également les 4 premiers cas locaux de chikungunya aux USA.

Les unités de lutte anti-vectorielle du comté de Harris au Texas ont également confirmé la présence de moustiques infectés par le virus du chikungunya la semaine dernière et ont procédé à des épandages aériens d'insecticides pour éviter le départ de foyers locaux d'épidémie.
Les autorités sanitaires s'interrogent et s'inquiètent de la présence de ces moustiques infectés, aucun cas autochtone de chikungunya n'ayant été signalé au Texas.

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Guyana : le CARPHA rapporte un total de 76 cas d'infections locales au virus du chikungunya, soit 45 cas (+145%) supplémentaires.  Une centaine de personnes présentant les symptômes de la maladie se sont également présentées à l'hôpital de Georgetown.

 

- Salvador : 3.575 cas d'infections au virus du chikungunya ont été comptabilisés au Salvador, soit 796 (+29%) de plus que la semaine précédente.
Le nombre de nouveaux cas déclarés quotidiennement a quasiment doublé passant d'environ 60 à 120.

 

- Suriname : les autorités sanitaires du Suriname ont annoncé 59 cas de chikungunya dans le pays, la plupart localisée dans les districts de Paramaribo, Commewijne et Wanica. Cinq cas (+2) ont été importés et 54 (+26) ont été déclarés localement.

 

- Venezuela : pour la première fois au Venezuela, le nombre de cas locaux dépasse celui des cas importés. Au total, 152 cas ont été enregistrés dans le pays dont 70 importés (+11) et 82 locaux (+47).

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Amérique.

 

 

- En France, en Europe et ailleurs dans le monde au 17 août 2014

 

La situation épidémiologique en France métropolitaine pour la semaine 1432 et ailleurs dans le monde pour la semaine 1433, communiquée par l'InVS et les autorités sanitaires locales est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Allemagne 52** 17/08/2014
Espagne 39   17/08/2014
France 239*   17/08/2014
Grèce 1   17/08/2014
Iles Canaries  3   17/08/2014
Italie 12   17/08/2014
Pays-Bas 1   17/08/2014
Polynésie Française 1   17/08/2014
Réunion  2   17/08/2014
Suisse 17***   17/08/2014

 

*   MAJ le 18/08/2014 : 250 cas importés

**  MAJ le 20/08/2014 : 59 cas importés

**  MAJ le 20/08/2014 : 29 cas importés

 

Le dernier bulletin hebdomadaire de l'InVS en date du 11 août 2014 comptabilise 239 cas de chikungunya en France métropolitaine, soit 18 cas supplémentaires.
Le nombre de nouveaux cas est en baisse par rapport à la semaine précédente ou 32 nouveaux cas avaient été comptabilisés. Une tendance à confirmer après les vacances scolaires.

 

Depuis le début de l'épidémie, les autorités sanitaires françaises ne répertorient que les cas situés dans les départements à risque du sud de la France, alors que des témoignages de touristes touchés par la maladie et qui résident ailleurs, continuent à nous parvenir.

 

Un état sanitaire de l'ensemble du pays s'impose car à l'instar du nuage de Tchernobyl, le virus du chikungunya et son hôte, l'aedes Albopictus, ne se cantonneront pas éternellement au sud de la Loire.

 

En Allemagne, le dernier Epidemiologisches Bulletin fait état de 52 cas importés de chikungunya pour la semaine 32, soit 4 de plus que la semaine précédente. L'évolution est quasi-stable depuis le début de l'été.

 

L'Italie enregistre également un nouveau cas de chikungunya cette semaine. Une personne de la commune de Soliera de la province de Modène en Émilie-Romagne à déclaré la maladie dès son retour d'un séjour aux Caraibes.

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Europe ayant signalé des cas importés de chikungunya.


Dans l'océan indien, l'île de La Réunion a enregistré en juillet ses deux premiers cas de chikungunya en provenance de l'épidémie antillaise. Un tiers environ des réunionnais étant immunisé contre la souche africaine du chikungunya, cette immunité devrait agir contre la souche asiatique et limitée une éventuelle nouvelle épidémie dans l'île.

 

A Tahiti, le cas de chikungunya importé de la Guadeloupe ne s'est pas propagé à l'ensemble de l'île. La présence du moustique vecteur de la maladie a incité les autorités sanitaires à la plus grande vigilance, l'archipel ayant déjà connu une épidémie de dengue et de zika ces derniers mois.

 

Analyse et conclusions


L'épidémie de Chikungunya 2014 aux Antilles Françaises et dans les îles des caraibes connait la même dynamique et suit la même évolution que celle de 2006 à l'île de La Réunion et dans les îles de l'océan indien.

A partir de quelques cas solidement implantés dans une région, le virus se propage d'abord aux îles voisines et ensuite au reste de la planète par l'intermédiaire des déplacements de population.

La situation en 2014 est beaucoup plus préoccupante que celle de 2006, car un continent tout entier est sous la menace du virus, du fait de la présence quasi-généralisée des moustiques vecteurs (les  Aedes Albopictus et Aedes Aegypti) dans l'ensemble des pays d'Amérique.

 

Les autres pays de la planète où les moustiques vecteurs de la maladie du Chikungunya sont présents, sont aussi potentiellement menacés par une épidémie locale. En effet, outre les séjours touristiques dans les pays d'Amérique et des Caraibes où le virus est actif, la coupe du monde 2014 au Brésil risque d'être une occasion supplémentaire de propagation du virus à l'ensemble de la planète, si une épidémie venait à se déclarer dans ce pays.

La maladie du chikungunya caractérisée par de fortes douleurs articulaires, musculaires et une fièvre très élèvée est rarement mortelle, sauf chez les jeunes enfants, les personnes agées ou déjà atteintes de pathologies graves.
Cependant, les dommages causés à l'économie et aux structures sanitaires peuvent être très importants. L'affluence massive et simultanée de milliers de personnes atteintes de la même maladie, au même moment et au même endroit peut en effet paralyser le système de soin et l'activité économique d'une région ou d'un pays tout entier.
Des séquelles physiques et phychologiques peuvent également survenir chez un nombre non négligeable de personnes souffrant de douleurs articulaires plusieurs mois voire plusieurs années après une infection.

En conséquence, les autorités  scientifiques et sanitaires, nationales et internationales doivent plus que jamais travailler en concertation pour prévenir, soigner et protéger les populations des épidémies et maladies causées par le virus du Chikungunya.

 


Jean-Hugues Mausy

 

Carte : carte mondiale de l'épidémie du chikungunya

Bulletins : tous les bulletins épidémiologiques

FAQ 2014 : questions/réponses sur le Chikungunya
Publications : publications scientifiques sur le chik et l'Albopictus

 

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