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Une enquête de
séroprévalence consiste à rechercher les anticorps fabriqués contre un
agent infectieux donné, par une personne. C’est la seule façon d’estimer
assez précisément l’importance d’une épidémie passée. Une telle enquête
consiste à prélever un tout petit peu de sang et à l’analyser en
laboratoire. Elle se fait en général après le passage de l’épidémie, ou
lors d’une accalmie.
Un échantillon de 2 442 personnes a été enquêté parmi lesquelles 38,25 %
se sont avérés positives pour les IgG anti chikungunya.
Cela signifie que 300 000 personnes ont eu le chik, sur une population de
775 000 personnes.
Le pourcentage de formes asymptomatique est de 6% : ce qui signifie que 46
500 personnes ont eu le chik sans le savoir, c’est à dire sans présenter
de fièvre, douleurs articulaires, etc. Il faut savoir que la plupart des
maladies infectieuses ont des patients asymptomatiques, c’est à dire sans
les signes de la maladie. Ce sont des patients qui soit se défendent mieux
contre le virus, soit sont atteints par un virus moins agressif. En tout
cas, ces personnes fabriquent des anticorps qui sont détectés dans le
sang.
Le pourcentage de faux positif est de 6% également : ce qui signifie que
46 500 personnes disent avoir eu le chik, mais en réalité ne l’ont pas eu
! Soit elles n’ont rien eu et se sont convaincues de l’avoir eu par
«sympathie» ou par mimétisme, soit elles ont eu une autre infection virale
ou bactérienne, ou bien des rhumatismes…
La répartition par sexe montre 38.74 % de positifs pour les femmes et
37.74% pour les hommes. Cela veut dire en gros qu’autant de femmes que
d’hommes ont eu le chik.
La répartition par âge montre une augmentation avec l'âge jusqu'a 79 ans,
puis une décroissance. Cela signifie que plus ont est âgé, plus ont fait
le chik. La raison n’est pas connue.
Par zone géographique, 30% de séropositivité au Nord, 38% au Sud, 41% à
l'Ouest et enfin 48 % à l'Est. L’Est a été le plus atteint et le Nord le
moins atteint.
Enfin, la séroprévalence selon le type de logement montre que 43% des
habitants vivants en logement individuel ont eu le chikungunya contre 23 %
des personnes vivants en logement collectif. Cela confirme qu’Aedes aime
nos jardins et qu’il faut le combattre dans les jardins en détruisant ses
gîtes larvaires.
La saisie et l'analyse des données sur la maladie et la connaissance des
pratiques sont en cours et les résultats seront présentés courant premier
trimestre 2007. D’autres résultats plus complets seront présentés
ultérieurement. |