464. Quels sont les résultats de l’enquête de séroprévalence à La Réunion ? Comment les interpréter ?
  Mise en ligne le : 17/11/2006 Dernière révision :
 

Une enquête de séroprévalence consiste à rechercher les anticorps fabriqués contre un agent infectieux donné, par une personne. C’est la seule façon d’estimer assez précisément l’importance d’une épidémie passée. Une telle enquête consiste à prélever un tout petit peu de sang et à l’analyser en laboratoire. Elle se fait en général après le passage de l’épidémie, ou lors d’une accalmie.

Un échantillon de 2 442 personnes a été enquêté parmi lesquelles 38,25 % se sont avérés positives pour les IgG anti chikungunya.
Cela signifie que 300 000 personnes ont eu le chik, sur une population de 775 000 personnes.

Le pourcentage de formes asymptomatique est de 6% : ce qui signifie que 46 500 personnes ont eu le chik sans le savoir, c’est à dire sans présenter de fièvre, douleurs articulaires, etc. Il faut savoir que la plupart des maladies infectieuses ont des patients asymptomatiques, c’est à dire sans les signes de la maladie. Ce sont des patients qui soit se défendent mieux contre le virus, soit sont atteints par un virus moins agressif. En tout cas, ces personnes fabriquent des anticorps qui sont détectés dans le sang.

Le pourcentage de faux positif est de 6% également : ce qui signifie que 46 500 personnes disent avoir eu le chik, mais en réalité ne l’ont pas eu ! Soit elles n’ont rien eu et se sont convaincues de l’avoir eu par «sympathie» ou par mimétisme, soit elles ont eu une autre infection virale ou bactérienne, ou bien des rhumatismes…

La répartition par sexe montre 38.74 % de positifs pour les femmes et 37.74% pour les hommes. Cela veut dire en gros qu’autant de femmes que d’hommes ont eu le chik.

La répartition par âge montre une augmentation avec l'âge jusqu'a 79 ans, puis une décroissance. Cela signifie que plus ont est âgé, plus ont fait le chik. La raison n’est pas connue.

Par zone géographique, 30% de séropositivité au Nord, 38% au Sud, 41% à l'Ouest et enfin 48 % à l'Est. L’Est a été le plus atteint et le Nord le moins atteint.

Enfin, la séroprévalence selon le type de logement montre que 43% des habitants vivants en logement individuel ont eu le chikungunya contre 23 % des personnes vivants en logement collectif. Cela confirme qu’Aedes aime nos jardins et qu’il faut le combattre dans les jardins en détruisant ses gîtes larvaires.

La saisie et l'analyse des données sur la maladie et la connaissance des pratiques sont en cours et les résultats seront présentés courant premier trimestre 2007. D’autres résultats plus complets seront présentés ultérieurement.

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Réalisé avec l'aimable collaboration de Bernard-J-Alex Gaüzère, MD - Saint-Denis. Réunion
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AVERTISSEMENT : Destinées à encourager et non à remplacer les relations entre patients et médecins, ces informations ne remplacent pas une consultation par votre médecin


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