IDENTIFICATION

Origine
    Isolé par RW ROSS, Entebbe (Ouganda), à partir d’un prélèvement sanquin effectué au Liteho (Tanzanie) le 22 février 1953 sur un homme présentant fièvre et arthralgie.
Famille
    Togaviridae
Genre
    Alphavirus (groupe A des arbovirus)
Virus
    Virion sphérique, enveloppé, de 60-70 nm de diamètre, à ARN monocaténaire de polarité positive. Très proche des virus de Mayaro, O'Nyong Nyong et Semliki, il est classé sous le type Chikungunya qui signifie en swahili "marché courbé".
Viabilité
    Sensibilité aux médicaments : aucun agent antiviral disponible à ce jour
    Sensibilité aux désinfectants : sensible à l'éthanol à 70%, à l'hypochlorite de sodium à 1% au glutaraldéhyde à 2%, aux solvants des lipides
    Inactivation par des moyens physiques : inactivé par la chaleur sèche ou humide > 58°C ; sensible à la dessication (déshumidification).

EPIDEMIOLOGIE

  Répartition géographique
   

L'Afrique sub-saharienne, l'Asie du Sud-Est, et depuis 2005, l'océan indien.

Espèces infectées
    L'homme
    Les mammifères (chimpanzé, certains animaux domestiques), les reptiles, les oiseaux
    Les moustiques (Anopheles, Aedes, Culex, Mansonia, Eretmapodites, Coquillettidia)
Transmissibilité
    Homme : aucun cas confirmé de transmission de personne à personne, mais des cas de transmission materno-fœtale (de la mère à l'enfant) ont été constatés à l'Ile de La Réunion
    Animal : essentiellement le moustique, famille des AEDES (aegypti, albopictus, polynesiens)

MALADIE

  Description
    Incubation 4 à 7 jours. Apparition brutale d'un épisode fébrile durant 2 à 5 jours avec de forte fièvre (> 39°) et des céphalées frontales (maux de tête) intenses
Symptômes caractéristiques
    Arthralgie (douleur articulaire) localisée aux épaules, genoux, chevilles, poignées, et petites articulations
    Myalgie (douleur musculaire)
    Eruption cutanée  (visage, tronc, racine des membres)
    Autres symptômes possibles : petites hémorragies, nausées, vomissement, diarrhée, encombrement respiratoire
Virémie
    C'est la période pendant laquelle la personne infestée est porteuse du virus, soit de 5 à 14 jours après la première piqûre. Pendant cette période, le malade doit se protéger voire être isolée d'éventuelles nouvelles piqûres de moustiques qu'elle pourrait contaminée entraînant ainsi la réaction en chaîne de l'épidémie.
Traitement
    Aucun. On préconise le repos et l'administration de salicylées (anti-inflammatoire). L'aspirine est toutefois déconseillée en cas d'hémorragies.
Convalescence
    La période de convalescence dépend des individus. Elle peut varier de quelques jours à plusieurs semaines, avec une asthénie (fatigue) intense et une impossibilité de concentration intellectuelle. Les arthralgies (douleurs musculaires) peuvent persister durant trois mois, voire plusieurs années.
Immunisation
    Aucun vaccin n'est disponible à ce jour. Le séquençage complet du génome viral chik a commencé au Centre National de référence des arboviroses de Lyon. Cette démarche devra entre autre déceler une éventuelle mutation du virus. Des possibles Vaccins anti - arboviroses ADN (ou ARN ?) pourraient être alors ultérieurement envisagés : pour celui du chik, l'étude de la faisabilité est en cours mais les délais d'obtention ne sont pas connus, cela sera probablement long.
Létalité
    Plusieurs certificats de décès survenus en janvier 2006 mentionnent le chikungunya comme ayant pu contribuer au décès. Ces certificats concernent, pour la plus grande majorité d’entre eux, des personnes âgées présentant des pathologies chroniques sous jacentes mais également celui d'un enfant de 10 ans auparavant en bonne santé et d'un nouveau-né directement contaminé par sa mère.

PREVENTION

  En zone infectée
    Réduction du nombre de gîtes larvaires par application de traitement larvicides
    Elimination des déchets urbains retenant l'eau (récipients, pneus, vases, ...)
    Epandage aérien d'insecticides à très bas volume
    Introduction d'agents de lutte biologique comme Bacillus thuringiensis
En zone indemne
    Interdire l'introduction d'animaux en provenance des zones infectées
Chez l'homme
    Utilisation de répulsif contre les vecteurs (spray, crême, gel, insecticides ...)
    Aménagement des maisons (moustiquaires)
     

Les informations ci-dessus ont été synthétisées à partir des observations effectuées à l'île de La Réunion et des données recueillies auprès du CNRS, de l'Institut Pasteur et de l'Agence de Santé Publique du Canada.
Elles sont valables au moment de leur édition et susceptibles de modification en fonction des observations et recherches actuellement en cours.

Copyright : www.chikungunya.net   
Reproduction et diffusion autorisée dans le cadre de la lutte contre l'épidémie du Chikungunya.

Dernière mise à jour : samedi 11 février 2006
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