| Date | Heure | Identifiant | Commune | Dépt |
| 25/05/2006 | 10:30 | Hélèna | Le Cannet | 06 |
| Profession | Date supposée | Type témoignage | Lieu supposé | |
| Artiste | Janvier 2006 | Déclaration | Saint-gilles les hauts | |
|
TEMOIGNAGE |
||||
|
Mon fils vit à l'Ile de la Réunion depuis six ans. En janvier 2006, il a été piqué par le fameux moustique malgré des précautions draconiennes et très coûteuses (produits anti-moustiques dans la maison 24h/24, crème sur tout le corps). Si, ma belle-fille (réunionnaise) a été piquée, elle n'a pas été atteinte au même stade que mon fils qui a eu 41°5 de fièvre sur 4 jours avec impossibilité de se lever, maux de tête insupportables, nausée, violentes douleurs aux articulations. Tous les jours, j'ai téléphoné dans l'inquiétude qu'on m'annonce son décès. Après 4 jours, il s'est levé, mais courbé en deux. Il a été conduit chez un ophtalmologiste, car il pensait devenir aveugle : il voyait tout blanc. Cependant, c'est rentré dans l'ordre rapidement.
Si, la fièvre est tombé et les maux de tête calmés, il n'en demeure pas moins des douleurs articulaires intenses notamment aux poignets. De plus, mon fils boite.
Tout ceci, comme je vous l'ai expliqué ne serait pas amplifié par le fait que mon fils est un musicien de haut niveau (pianiste/chef d'orchestre). Il a ouvert une école de musique et malgré son handicap continue à donner ses cours bien qu'une grande fatigue l'envahit tous les jours. Il a dû annuler un concert qu'il devait donner lui-même car il est dans l'impossibilité de travailler au piano. Cela provoque chez lui une grave dépression nerveuse. Comme toutes les personnes qui ont des dons artistiques, c'est un homme dont la sensibilité est à fleur de peau
Ce qui n'arrange nullement les choses puisque, brutalement, il est devenu agressif et autoritaire. Il est en train de faire le vide autour de lui : il a interdit à son beau-frère, sa belle-soeur et sa belle-mère de "mettre les pieds" chez lui alors qu'ils demeurent tous trois villa plus loin. Je fais "les frais" également de son soudain comportement : alors que nous avions des relations extrêmement complices (je lui téléphonais chaque samedi et nous communiquions plusieurs fois dans la semaine par internet), il m'a interdit de lui téléphoner plus d'une fois par mois, me disant qu'il était à 10,000 km de moi, qu'il avait 37 ans et qu'il faisait sa vie !. Jamais, il ne s'était permis un tel langage avec moi car il a toujours eu du respect pour moi et son père (aujourd'hui décédé).
Il est extrêmement pénible de constater combien ce chikungunya peut briser la vie non seulement de celui qui en est atteint, mais encore de l'entourage même du malade. Car, c'est une véritable maladie et la colère me monte lorsque j'entends des personnes dire "qu'il y a beaucoup d'esbroufe de la part des réunionnais", que "ce n'est rien qu'une vulgaire piqûre de moustique". L'infirmière de ma mère est même étonnée que mon fils soit encore malade !. Elle a l'air de croire que je suis une affabulatrice. On a vraiment envie de hurler en face de l'imbécillité de certains propos !!
Pour terminer, chaque instant qui passe m'apporte de
l'angoisse. J'ai peur de recevoir un jour un coup de téléphone de la
Réunion, me disant que mon fils a mis fin à ses jours, ET JE NE PEUX RIEN
FAIRE POUR L'AIDER !. |
||||