319. Pourquoi ne pas utiliser immédiatement le vaccin américain à La Réunion ?
  Mise en ligne le : 19/04/2006 Dernière révision :
 

Cette question se pose en effet. Les raisons de ne pas l’utiliser tel quel sont multiples et doivent être bien comprises, en regard du principe de précaution qui veut qu’un médicament ne créé pas plus de problème de santé, qu’il ne prétend en résoudre. Au regard des arguments suivants, force est d’admettre que le développement du vaccin vivant atténué américain, ne répond peut-être pas encore à la situation de la Réunion.

-          Il a été développé à partir d’une souche asiatique ancienne (Thaïlande 1964), et non africaine de l’Est, qui circule actuellement à La Réunion, même si ces deux souches sont réputées  proches ;

-          il n’a été essayé que chez des jeunes soldats, et pas sur des enfants, des vieillards et des femmes enceintes ;

-          les méthodes de fabrication utilisées à l’époque (années 1980), sont anciennes et ne correspondent plus aux standards actuels, il faut donc requalifier le vaccin ;

-          il produit des anticorps, mais n’a jamais été essayé en zone d’épidémie et on ne connaît donc pas le pouvoir protecteur de ces anticorps in vivo, en situation réelle, contre la maladie ;

-          il faut tester le virus réunionnais actuel contre les anticorps de ce vaccin (à condition de disposer encore du sérum des volontaires vaccinés, il y a de nombreuses années) et inversement tester le vaccin américain à La Réunion en période d’épidémie ;

-          Que se passera t’il si un Aedes pique un sujet a peine vacciné : peut-il se charger en virus et le disséminer ? Autrement dit qu’elle est l’importance de la virémie post-vaccinale et quels en sont les risques en matière de santé publique et de dissémination de la maladie par augmentation du réservoir de virus ?

-          Y a-t-il des risques de réversion du virus vaccinal atténué avec retour aux propriétés de virulence du virus initial, avec risque d’introduire un nouveau virus à La Réunion et à Mayotte ?

-          Qu’elles sont les interférences possibles avec d’autres vaccins par un autre vaccin alphavirus vivant ? Autrement dit, ce vaccin gênera t’il les effets d’un autre vaccin ?

-          Enfin, l’existence dans l’épidémie actuelle de « récidives » dont on ne sait pas si elles sont dues à la persistance du virus, à des rechutes inflammatoires ou à un réinfection virale, pourraient contre-indiquer l’utilisation d’un vaccin vivant atténué, sous peine de voir les sujet vaccinés présenter les mêmes récidives. Autrement dit, le résultat des programmes hospitaliers de recherche clinique entrepris à La Réunion, permettra de contribuer à la décision finale. Quelques soldats vaccinés ont présenté des douleurs articulaires fugaces…

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