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L'épidémie de Chikungunya touche-t-elle aussi les îles voisines : Seychelles, Comores, Madagascar, Maurice, Rodrigues ?

  Mise en ligne le : 26/01/2006 Dernière révision : 25/07/2006
 

Dans un premier temps, l'épidémie a commencé sur la côte du Kenya dans l’île de Lamu (taux d’attaque de 65 %) et dans la région de Mombasa qui est située exactement sur l’équateur (données CDC Atlanta). Puis, elle a gagné la Grande Comore à la fin 2004 et a duré 5 mois jusqu’en avril 2005 (taux d’attaque de 73 % mesuré par séroprévalence dans 480 foyers), vraisemblablement importée par des voyageurs ou des Aedes. Les Comores se situent entre à l’ouest le Mozambique et la Tanzanie, et à l’est Madagascar. Les échanges par avion, mais surtout par boutre sont fréquents entre la côte Africaine proche et les trois îles de l’Union Comorienne. C’est ainsi que le choléra se transmet à intervalles réguliers de l’Afrique où il est endémique, aux Comores où il devient épidémique, comme en 2002. Les virus isolés au Kenya et aux Comores sont similaires, il s’agit donc de la même souche, ce qui permet de situer exactement l’origine de l’épidémie (CDC Atlanta). C’est Aedes aegypti qui est le vecteur principal du chik en Grande Comore (données CDC).

De là, elle a diffusé à Mayotte qui fait partie de l’archipel (74 cas), à Maurice (officiellement 3.000 cas) essentiellement à Port Louis, avant d’atteindre concomitamment La Réunion.

Dans un deuxième temps, à partir de l’important foyer de La Réunion, l'épidémie a connu une nouvelle flambée dans la zone Océan indien depuis le début 2006 reprend avec quelques milliers de cas déclarés à Maurice, mais les journaux mauriciens et les associations font état de milliers de cas, notamment dans la région de Mahébourg, au sud-est, près de l'aéroport. A Maurice, les données officieuses font état de 200 000 à 250 000 cas.

A Mayotte, l'épidémie a repris depuis le début 2006 et le cap des 6 000 cas officiels a été franchi en mai 2006 pour une population de 175 000 habitants. Une enquête de séroprévalence a été conduite sur le sérum de 600 femmes enceintes en mars et avril 2006 qui montre que près du quart de ces femmes ont eu le chik, ce qui, extrapolé à la population totale ferait 43 750 personnes atteintes. Les chiffres officiels faisaient encore en début de semaines de 6 300 cas. Une enquête en population par questionnement conduite en mai dans 31 villages sur 70 et dans une habitation sur 10 retrouve également un taux d’attaque de 26 % et révèle que seulement 40 % des malades ont eu recours au système de soins. Cette discordance prouve deux choses : que les mahorais sont durs au mal et consultent peu, qu’il est très difficile en phase épidémique de pouvoir disposer de données fiables.

Il est à noter que l’île d’Anjouan fait état de plusieurs cas de chik depuis le mois d’avril 2006.

Les Seychelles sont également atteintes avec demande d’aide internationale en matière de contrôle des vecteurs et 8 000 cas ont été déclarés en date d’avril 2006 (population totale 80 000 habitants).

A Madagascar, on dénombre actuellement beaucoup de cas d’arboviroses et de syndromes « dengue-like » dans la région de Tamatave (côte nord-est), qui sont en cours d’investigations : dengue, Chikungunya, autres arboviroses ? Une enquête en population a été conduite dont les résultats n’ont pas encore été communiqués par le Ministère de la Santé, mais d’après les voyageurs en provenance de cette région,  plus d’une personne sur deux aurait présenté un syndrome dengue-like, soit un taux d’attaque d’au moins 50 %, sans qu’il soit possible de différencier les cas de dengue et les cas de chikungunya. Toutefois, les douleurs articulaires semblent beaucoup moins importantes. Rappelons qu’il n’y avait jamais eu de dengue à Madagascar, y compris au cours des épidémies des îles avoisinantes, mais que les résultats des premières sérologies sont en faveur du chik et de la dengue. Les chiffres officiels qui ne tiennent compte que des cas confirmés par sérologie (examen très cher et non réalisé à Madagascar, sauf la RT-PCR qui est réalisée à l’Institut Pasteur d’Antanarivo). De fait, les cas de chik seraient beaucoup plus nombreux, avec plusieurs foyers, dont Tamatave, Nosy be, la région de Mahajunga.

 
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Dernière modification : samedi, 16. décembre 2006 09:13