KASS MOUSTIK

Le 30 août 2006

Journée « Kass Moustik » d’éducation, de mobilisation communautaire et destruction des gîtes larvaires des moustiques Aedes, vecteurs du chikungunya et de la dengue

Cellules nationale et régionale de coordination des recherches sur le chikungunya et la dengue et Service de Lutte anti vectorielle (DRASS La Réunion)

Version 03 : 30 août 2006

Kass Moustik signifie en créole : «casse» le moustique, c’est à dire casser sa transmission en détruisant mécaniquement ses gîtes.

Contexte

L’épidémie de chikungunya qu’a connue La Réunion en 2005 et 2006 enregistre un répit durant l’hiver austral. Les forts taux d’attaque de l’épidémie constatés au Kenya (75%) et aux Comores (63%) avec le même virus, et les résultats des récents travaux d’épidémiologie théorique à ce sujet, laissent présager une reprise de l’épidémie dès le retour de l’été austral, à partir de novembre 2006. En attendant les résultats de l’enquêtes de séroprévalence en cours, le taux d’immunisation de la population réunionnaise ne peut être estimé que sur les données de veille sanitaire, de l’ordre de 33%. En l’absence d’action, une épidémie de même ampleur ou même d’intensité supérieure à celle de 2006 pourrait se reproduire, conduisant à nouveau à la désorganisation du système de santé et de l’économie de l’île, associée à une perte de confiance et de crédit de la population envers les autorités et les acteurs de la lutte et du contrôle de l’épidémie. Le renforcement d’actions combinées intenses en période pré-épidémique, l’intensification de la veille et de la mobilisation de toute la population sont de nature à limiter l’ampleur attendue de l’épidémie à venir et à en mieux en partager la responsabilité. 

Le virus Chikungunya est transmis à la Réunion par des moustiques hématophages (Aedes albopictus) qui sont également svecteurss de la dengue. Ces moustiques ont une dispersion limitée à quelques dizaines de mètres. On se fait donc piquer par les Aedes qu'on «élève» autour de nous. Les œufs qui sont capables de résister pendant un à deux ans dans le milieu extérieur, permettent à l’espèce de passer l’hiver et de renaître dès le retour des beaux jours et de l’eau. 

Les gîtes larvaires subissent les fluctuations saisonnières des températures et de la pluviométrie. A La Réunion, Aedes a deux types de gîtes :

- les premiers sont les gîtes naturels de petite dimension et le plus souvent ombragés : trous d'arbres, tiges de bambous
  coupées, creux des rochers.

- les seconds et les plus nombreux sont les gîtes anthropiques ou domestiques, c’est à dire directement liés aux activités
  humaines : vases à fleurs, fûts, pneus, boîtes de conserve, récipients domestiques et péri domestiques, de préférence
  ombragés.

L'Aedes se cache du soleil, du vent et de la pluie. Il faut donc se débarrasser de la végétation qui l'abrite.

Objectif principal 

- Détruire mécaniquement le plus possible de gîtes domestiques et péri domestiques afin de détruire les larves d’Aedes, c’est à dire les collections d’eau (soucoupes, ornières, gouttières des toits, ramassage des déchets dans la cour et aux alentours de la maison…), élaguer la végétation. Cette action a pour but immédiat de prévenir le démarrage de l’épidémie au début de l’été austral et de générer des comportements préventifs pérennes.

 

Objectifs secondaires

- Sensibiliser et mobiliser la population à la lutte communautaire contre les moustiques vecteurs de maladie ; chikungunya,
   dengue…

- Relier sans équivoque la maladie chikungunya à son vecteur : le moustique Aedes,

- Améliorer la salubrité de l’île,

- Evaluer l’impact de cette action en termes d’efficacité entomologique et épidémiologique.

Coordination
  par le Préfet assisté du Dr Bernard-Alex Gaüzère et Julien Thiria (service LAV), avec les actions entreprises par
  les associations, le conseil général et les communes, le conseil régional, le service de lutte anti vectorielle (LAV)…

Validation des aspects scientifiques 
  par les cellules nationale et régionale de coordination des recherches sur la dengue et le chikungunya
 

Réalisations (non limitatif…)

L’opération Kass Moustik se déroulera en cinq temps :

1) Temps zéro
 : évaluation des indices entomologiques et épidémiologiques avant le démarrage de l’opération
 

2) Samedi 28 octobre : grande journée médiatique (locale) de préparation au dimanche Kass Moustik. Présentation par les cellules nationale et régionale des résultats de recherche acquis depuis le début de l’épidémie, reconstitution de l’historique de l’épidémie, pédagogie de l’histoire naturelle de la maladie, pédagogie de la lutte anti-vectorielle (notamment de l’utilisation des répulsifs qui sont un facteur essentiel dans la prévention de la maladie), débats, animation, concours populaires, festivals, intervention des autorités, de l’OMS, du Ministre de la santé et des solidarités, etc. Information de la population sur l’opération par tous les media. 

3) Dimanche 29 octobre : journée citoyenne Kass Moustik, également fortement médiatisée localement, montrant à l’œuvre de recherche et destruction des gîtes : le Préfet lui-même (et le Ministre de la santé, s’il est là), les élus locaux, les associations, les enfants, les personnes âgées, les services de LAV, les enseignants, les médecins, les commerçants, les journalistes, les scouts, Croix-Rouge française, etc..

- Le jardin étant un lieu essentiel à la contamination par le virus du chikungunya par Aedes interposé : destruction des gîtes
  autour des habitations et dans les quartiers (gîtes péridomicilaires) par la population elle-même, suppression
  des soucoupes, nettoyage des gouttières, élagage de la végétation, contrôle des fleurs à réservoir d’eau (broméliacées),
  information des voisins...
- Nettoyage des cours et jardins des particuliers,
- Ecoles, collèges, lycées, Université : nettoyage et actions de sensibilisation,
- Hôpitaux et Cliniques, hôtels, restaurants, lieux publics : nettoyage et actions de sensibilisation,
- Municipalités : action de sensibilisation, enlèvement des déchets et nettoyage,
- Opération de nettoyage de tous les cimetières en la veille de fête des saints et des défunts. 

4) Lundi et mardi 30 et 31 octobre : ramassage des encombrants et déches verts par les communautés de communes. 

5) Evaluation

Evaluation de l’impact plan épidémiologique par la Cellule Inter Régionale d’Epidémiologie Réunion Mayotte (CIRE) et le CIC de La Réunion, si une telle évaluation s’avère techniquement réalisable en si peu de temps et si l’épidémie se déclare à nouveau avant la journée Kass Moustik. Evaluation de l’impact sur les gîtes larvaires par le service de Lutte Anti vectorielle de la DRASS Réunion (Indices de Breteau). 

Partenaires (non limitatif)

- Communes et Communautés de communes (ramassage des déchets et des encombrants, dès le début de la
  semaine suivante, Information et sensibilisation des populations…

- DRASS et service de Lutte anti-vectorielle,
- Office du Tourisme de la Réunion,
- Education nationale : sensibilisation des élèves…
- Union Régionale des Médecins Libéraux de la Réunion, Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH), communauté
  médicale et scientifique,
- Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan indien (FAZSOI),
- Etat, Préfecture,
- Conseil Général, Conseil Régional,
- Associations de lutte contre le chikungunya,
- Presse locale et nationale : Télévisions RFO et Antenne Réunion, Journaux (Journal de l’île, Quotidien de la Réunion,
  Témoignages), magazines, Radios : RFO, Freedom, Radio Festival… 

Dates proposées :

 sous réserve d’accord des participants et d’autres actions en cours : samedi 28 et dimanche 29 octobre 2006, en fin
 d’hiver austral, à la veille de la visite massive des cimetières (fête des morts). 

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