Contamination du Chikungunya par don du sang : évaluation


29/04/2008 13:25 - Chikungunya Virus


Selon une étude publiée par l'INVS dans le BEH de ce mardi 29/04/2008, le risque de transmission du virus Chikungunya par don de sang aurait pu être élevé lors de l'épidémie massive survenue entre 2005 et 2007 si les dons de sang n'avaient pas été suspendus.


Entre 2005 et 2007, le virus Chikungunya (CHIKV) a été responsable d’une épidémie massive à La Réunion, qui a atteint son maximum en février 2006. La collecte de sang total a été interrompue sur l’île en janvier 2006.


Des estimations du risque de contamination d’un don de sang par le CHIKV à La Réunion ont été réalisées par l'INVS (Institut de veille sanitaire) pour différentes phases de l’épidémie à partir des données d’incidence, de la durée moyenne de virémie asymptomatique et de la proportion de formes asymptomatiques. Le risque estimé a été comparé aux résultats du dépistage génomique viral mis en place sur les dons plaquettaires.


Les résultats de cette étude ont montré que le risque moyen était estimé à 132 pour 100 000 dons pour l’ensemble de l’épidémie, atteignant 1 500 pour 100 000 au maximum de l’épidémie.


Au total, 47 dons auraient pu être contaminés si la collecte n’avait pas été interrompue. Parallèlement, le nombre estimé d’habitants infectés par transmission vectorielle était de 312 500. Les risques estimé (0,7 %) et observé sur les dons plaquettaires (0,4 %) étaient proches.


Le risque de contamination d’un don était donc élevé, mais faible au regard du risque de contamination par transmission vectorielle. Les résultats concordants avec le risque observé confortent ces estimations.


L'infection à CHIKV se caractérise principalement par une fièvre élevée de début brutal, des douleurs articulaires, musculaires, des éruptions cutanées.


Mais l'infection peut être "asymptomatique" (sans signes cliniques). D'après le BEH, la proportion de personnes infectées sans le savoir, c'est-à-dire sans symptôme, serait "de l'ordre de 15%".


Par ailleurs, le BEH signale "la survenue de plusieurs cas d'infection parmi le personnel de laboratoire manipulant du sang infecté et d'un cas chez une infirmière ayant réalisé un prélèvement de sang chez un patient infecté"



Jean-Hugues Mausy (INVS) - 29/04/2008 13:25


Sources : BEH du 29/04/2008