Chikungunya aux Antilles : l'épidémie s'installe et se propage


Publié le : 21/01/2014 à 22:00 | MAJ le : 02/09/2014 à 21:00    


Une épidémie de Chikungunya sévit actuellement aux Antilles après l'apparition des premiers cas suspects fin novembre 2013 dans l'île de Saint-Martin.


Historique : premiers cas à Saint-Martin


Deux cas autochtones d'infection au virus du Chikungunya ont été confirmés dans l'île de Saint-Martin le 06 décembre 2013.


Cette confirmation fait suite à la surveillance hebdomadaire qui avait été mise en place depuis le 25 novembre 2013, après le signalement des premiers cas suspects de chikungunya dans le quartier d’Oyster Pond.


Ces résultats ont conduit les autorités sanitaires à déclarer un début d’épidémie à Saint Martin et à activer la phase 3 du Psage chikungunya (Programme de Surveillance, d’alerte et de gestion d’émergence du virus Chikungunya) le jour même.

 


Propagation de l'épidémie aux îles voisines et aux pays d'Amérique


Le virus s'est depuis propagé aux îles voisines de Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy ainsi qu'en Guyane Française, avec une circulation plus ou moins importante en fonction des régions.

 

Avec une circulation du virus généralisée à l'ensemble du territoire, l'île de Saint-Martin a été placée en phase épidémique dès le 06 décembre 2013. Depuis, la situation s'est améliorée et l'île a été repositionnée en situation de transmission modérée le 30 avril 2014.

 

En Martinique où les premiers cas ont été confirmés le 18 décembre 2013, l’intensification de la circulation virale a conduit les autorités sanitaires à déclaré le département en situation épidémique le 23 janvier 2014.

 

Le 24 décembre 2013, un premier cas autochtone a été confirmé en Guadeloupe. La circulation du virus s'est depuis intensifiée et le département a été placé en situation épidémique le 10 avril 2014.

En Guyane, les autorités sanitaires ont placé le département en situation de circulation autochtone modérée après la découverte d'un foyer de transmission à Kourou le 19 février 2014.

 

Dans les Antilles non françaises et dans les autres pays d'Amérique, le virus du chikungunya est présent dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Il s'est ensuite progressivement et chronologiquement propagé et installé dans les îles vierges britanniques, à La Dominique, dans les îles d'Anguilla, de Saint-Kitts & Nevis et de Sainte-Lucie, à la République Dominicaine, dans les îles de Saint-Vincent et les Grenadines, à Antigua et Barbuda, à Haiti, à Guyana, à Porto Rico, à Cuba, aux îles vierges américaines, au Suriname, au Venezuela, à La Grenade, à Aruba, à Trinité et Tobago, aux USA, aux Barbades, aux Iles Caimans, au Panama et à Curaçao.

Le chikungunya a également été identifié chez des touristes revenant des régions infectées des caraibes au Brésil, dans l'île néerlandaise de Bonaire, au Pérou, au Mexique, au Costa Rica, au Paraguay, aux Bahamas, au Nicaragua, en Bolivie, à la Jamaique, en Colombie, au Canada et en Argentine.


La situation en France, en Europe et ailleurs dans le monde


Le risque d'importation du virus du chikungunya en Europe et en France en particulier est très élevé, compte tenu des flux de circulation entre le continent et les Antilles.

 

A la date du 22/08/2014, environ 280 cas de chikungunya ont été importés officiellement dans les zones à risque situées dans le sud de la France où sévit le moustique Aedes Albopictus, vecteur de la maladie du chikungunya. Ailleurs, aucune donnée n'est pour le moment disponible, mais il est fort probable que d'autres cas importés existent et seront de plus en plus nombreux un peu partout sur le territoire après les vacances d'été.

En Europe, l'Italie  à déclaré un premier cas importés chez une personne originaire de la ville de Campiglia située à l'ouest au sud de la Toscane, le 07 mai dernier. Un homme a déclaré la maladie dès son retour d'un séjour en République Dominicaine.

L'Espagne a déclaré, le vendredi 13 juin, ses premiers cas importés de chikungunya chez trois femmes de Catalogne ayant séjourné aux Caraibes.

 

Le 03 juillet 2014, les autorités grecs ont rapporté un cas de chikungunya chez une personne ayant séjourné en République Dominicaine.

 

En Suisse, les autorités ont comptabilisé 15 cas importés de chikungunya au 1er juillet 2014, la majorité en provenance des caraibes.

D'autres cas importés ont également été signalés aux Pays-Bas et en Allemagne chez des personnes ayant séjourné aux Antilles-Caraibes.

Ailleurs dans le monde, le virus a été exporté à l'autre extrémité de la planète, à Tahiti en Polynésie Française. Une femme d'une soixantaine d'année a été infectée par le chikungunya lors d'un séjour effectué en Guadeloupe en mai 2014.

 

Les Iles Canaries ont également enregistré trois cas importés de chikungunya chez des touristes ayant séjourné à l'étranger en juillet 2014.

 

Enfin, l'île de La Réunion est le premier pays de l'océan indien à déclarer des cas importés de chikungunya des Antilles, en juillet 2014.

 

 

Derniers bulletins épidémiologiques


Les bulletins épidémiologiques de l'InVS sont publiés à fréquence bi-mestrielle durant cette période estivale. La dernière situation actualisée concerne les semaines 1433 et 1434.


- Dans les iles françaises des Antilles et en Guyane au 31 Août 2014

 

La situation épidémiologique publiée dans le dernier bulletin de l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) concernant l'épidemie de chikunkunya dans les Antilles-Caraibes pour les semaines 1433 et 1434 est la suivante :

 

Département - COM Cas probables Cas confirmés Décès Dernière MAJ
Guadeloupe 75.400 7 31/08/2014
Guyane Française ---- 2.206 31/08/2014
Martinique 59.440 19 31/08/2014
Saint-Barthélemy 600 31/08/2014
Saint-Martin (FR) 3.990 3 31/08/2014

 

 

Depuis la semaine 18, les cas de chikungunya ne sont plus systématiquement confirmés par examen biologique  aux Antilles. Les cas suspects et "cliniquement évocateurs" sont donc considérés comme effectifs.
 
Pour les semaines 31 et 32, la Guadeloupe enregistre 2.280 nouveaux cas de chikungunya et la Martinique 3.520, soit des moyennes hebdomadaires respectives de 1.140 et 1.760 contre 1.690 et 1.680 la semaine précédente. L'épidémie continue donc à baisser fortement en Guadeloupe et repart légèrement à la hausse en Martinique.
Ces données seront à confirmer après les vacances scolaires, tous les médecins sentinelles n'étant pas forcément en activité.

La situation est comparable dans les deux collectivités d'outre-mer de Saint-Martin et Saint-Bartelémy. L'épidémie continue à diminuer à Saint-Barthelémy où 20 cas ont été enregistrés par semaine contre 30 lors du bilan précédent et augmente à Saint-Martin où le nombre de cas hebdomadaires s'élève à 65 contre 50 cas enregistrés durant les deux semaines précédentes.

 

L'épidémie de chikungunguya poursuit son extension en Guyane qui enregistre de nouveau sa plus forte croissance depuis le début de l'année. Avec 541 nouveaux cas déclarés (+32%), ce sont 2.206 cas qui ont été comptabilisés depuis le premier cas importé dans le département le 27 décembre 2013.

 

 

Situation, évolution et lutte contre l'épidémie aux Antilles

 

La tendance générale qui est à une diminution en Guadeloupe et à Saint-Barthelémy, à une augmentation en Martinique et à Saint-Martin et à une forte progression en Guyane devra être confirmée après la période des vacances scolaires.

 

Les deux collectivités d'outre-mer des Antilles ont été repositionnées  en phase 2 (transmission autochtone modérée) du Psage chikungunya, après avoir enregistré une amélioration de leur situation épidémiologique au début du 2ème trimestre. Saint-Martin a été reclassifié le 30 avril 2014 et Saint-Barthelémy le 22 mai dernier.

 

Les îles de la Martinique et de la Guadeloupe ont été placés en phase 3b (épidémie généralisée) du Psage chikungunya depuis le 26 juin dernier en raison de l'intensification de la circulation virale.

Enfin, depuis le 30 mai 2014, la Guyane a évolué vers la phase 2b  du psage chikungunya (transmission autochtone modérée avec foyers épidémiques et chaines de transmission localisée).
En raison de la forte intensification de l'activité virale enregistrée ces dernières semaines, le Comité d’experts des maladies émergentes à caractère épidémique doit se réunir afin d’évaluer la situation dans le Département.

 

 

- Dans les autres îles des Antilles-Caraibes au 31 août 2014


La situation épidémiologique dans les îles non françaises des caraîbes  communiquée par le PAHO (Pan American Health Organization) et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1435 est la suivante :

 

Pays Cas
importés
Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Anguilla 2 38 31/08/2014
Antigua and Barbuda 15 31/08/2014
Aruba 12 4 31/08/2014
Bahamas 4 13 31/08/2014
Barbade 6 7 31/08/2014
Bonaire 1 31/08/2014
Cuba 13   31/08/2014
Curacao  7 49   31/08/2014
Dominique 3.700 31/08/2014
Grenade 21 31/08/2014
Haiti 64.695 31/08/2014
Iles Cayman 4 1 31/08/2014
Iles vierges (UK) 20 31/08/2014
Iles vierges (US) 2 25 31/08/2014
Jamaique 2 19 31/08/2014
Porto Rico 19 1.207 31/08/2014
République Dominicaine 429.421 6 31/08/2014
Saint-Kitts & Nevis 28 31/08/2014
Saint-Martin (NL) 372 31/08/2014
Sainte-Lucie 30 31/08/2014
St-Vincent et les Grenadines 396 31/08/2014
Trinité et Tobago 3 31 31/08/2014
Turks and Caicos 7 10 31/08/2014

 

Le bulletin hebdomadaire du PAHO ne répertoriant que les cas officiels qui lui sont signalés en milieu de semaine, il est complété par des données compilées à partir des journaux locaux et les bulletins de dernière minute.

Pour la seconde fois depuis 5 mois (semaine 19), aucun nouveau pays des Caraibes ou d'Amérique n'est venu allongé la liste des régions officiellement concernées par l'épidémie de chikungunya.


Dans les Caraibes, la quasi-totalité des îles ont déclaré des cas de chikungunya, à l'exception de certaines dépendances britaniques (Monserrat), néerlandaises (Saba, Saint-Eustache) et vénézuelienne (Margarita).

Le Guatemala, le Honduras et Belize en Amérique centrale ainsi que l'équateur et l'Uruguay en Amérique du sud sont les cinq derniers pays du continent américain à ne pas avoir signalé des cas locaux ou importés de chikungunya sur leur territoire.


Ailleurs, de nouveaux cas locaux et importés ont été rapportés dans les pays déjà concernés par l'épidémie.

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Curaçao : les autorités sanitaires de Willemstad ont confirmé 56 cas d'infections au virus du chikungunya dans l'île et un total de 500 personnes suspectées d'être porteur de la maladie.

 

- Grenade : les autorités sanitaires de l'archipel ont rapporté 12 nouveaux cas locaux de chikungunya dans les paroisses de St-Georges (5), St-Andrew (3), St-Patrick (2) et St-David (2). Au total, 21 cas d'infections ont été comptabilisés dans le pays.

 

- Jamaique : les autorités sanitaires jamaicaines ont confirmé quatre nouveaux cas  locaux de chikungunya portant à 21 (dont 2 cas importés) le nombre total d'infections dans le pays.

 

- Porto Rico : l'épidémie de chikungunya poursuit son extension à Porto Rico où les autorités sanitaires rapportent 1.207 cas locaux (+214) et 19 importés. Au total, 1.226 cas de chikungunya (+21%) ont été enregistrés dans l'île, une croissance inférieure à celle enregistrée lors du bilan précédent (+43%).

 

- Trinité et Tobago : les autorités sanitaires de l'île ont confirmé six nouveaux cas d'infection au virus du chikungunya dans le quartier est de Belmont à Port of Spain. Au total, 34 cas de chikungunya (dont 3 importés) ont été enregistrés dans le pays.

 

- République Dominicaine : le dernier bilan en date du 20 août faisait état de 429.421 cas d'infections au virus du chikungunya pour la semaine 1432, soit 13.286 cas supplémentaires par rapport à la semaine 1431. L'épidémie était en cours de stabilisation après avoir enregistré une hausse importante au cours des deux semaines précédentes.

 

La situation demeure officiellement inchangée pour les autres pays des Caraibes.

 

 

- En Amérique central, du nord et du sud au 31 août 2014

 

La situation épidémiologique en Amérique centrale, du nord et du sud communiquée par le PAHO et les autorités sanitaires locales pour la semaine 1435 est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Argentine 4 31/08/2014
Bolivie 3 31/08/2014
Brésil 30 31/08/2014
Canada 8 31/08/2014
Chili 2 31/08/2014
Colombie 2   31/08/2014
Costa Rica 14 1 31/08/2014
Guyana 76 31/08/2014
Mexique 1 31/08/2014
Nicaragua 8* 31/08/2014
Panama 16 2 31/08/2014
Paraguay 1 31/08/2014
Perou 3 31/08/2014
Salvador   8.032 31/08/2014
Suriname 5 54 31/08/2014
USA 690 7 31/08/2014
Venezuela 70 125** 31/08/2014

 

*   MAJ le 02/09/2014 : 9 cas importés

*   MAJ le 02/09/2014 : 173 cas locaux


Nouveaux cas importés :

 

- Argentine : un nouveau cas de chikungunya a été détecté chez une femme de 35 ans qui réside à Cordoba et qui a séjourné en République Domicaine.  Au total, 4 personnes ayant séjourné à l'étranger ont importé la maladie dans le pays.

 

- Nicaragua : 3 nouveaux cas importés de chikungunya ont été enregistrés cette semaine au Nicaragua, dont deux chez des nicaraguayennes de 32 et 46 ans. Le troisième cas a été identifié chez un touriste de 73 ans. Au total, 8 cas d'infections au virus du chikungunya ont été comptabilisés depuis le 9 juillet dernier.

 

- USA : 690 cas importés de chikungunya (+62) ont été comptabilisés aux USA depuis le début de l'épidémie dont 139 (20%) pour la Floride. Les cas importés sont en augmentation de 10% par rapport à la semaine précédente.

 

 

Nouveaux cas locaux :

 

- Panama : les autorités sanitaires ont confirmé un nouveau cas local d'infection au virus du chikungunya chez un homme de 27 ans du district de Rio Abajo.
Au total, 18 cas de chikunguyna (dont 16 importés) ont été comptabilisé au Panama.

 

- Salvador : 8.032 cas d'infections au virus du chikungunya ont été comptabilisés au Salvador, soit 2.926 (+57%) cas de plus que la semaine précédente. La tendance au doublement des cas d'une semaine à l'autre enregistré un mois se poursuit.

 

- USA : l'Etat de Floride a déclaré un nouveaux cas d'infection au virus du chikungunya dans le comté de St-Lucie. Au total, sept cas locaux de chikungunya ont été enregistrés aux USA, tous en Floride dans les comtés de Palm beach (4), Miami-Dade (1) et St-Lucie (2).

 

- Venezuela : 35 nouveaux cas locaux ont été confirmé par les autorités sanitaires de Caracas entre les 16 et 22 août. Au total, 195 cas d'infections au virus du chikungunya ont été enregistrés au Venezuela dont 70 ont été importés.

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Amérique.

 

 

- En France, en Europe et ailleurs dans le monde au 31 août 2014

 

La situation épidémiologique en France métropolitaine et ailleurs dans le monde pour la semaine 1435, communiquée par l'InVS et les autorités sanitaires locales est la suivante :

 

Pays Cas importés Cas
locaux
Décès Dernière MAJ
Allemagne 59** 31/08/2014
Espagne 42   31/08/2014
France 280*   31/08/2014
Grèce 1   31/08/2014
Iles Canaries  3   31/08/2014
Italie 13   31/08/2014
Pays-Bas 4   31/08/2014
Polynésie Française 1   31/08/2014
Réunion  2   31/08/2014
Suisse 32   31/08/2014

 

*   MAJ le 02/09/2014 : 299 cas importés

**  MAJ le 02/09/2014 : 77 cas importés

 

- France : Le dernier bulletin hebdomadaire de l'InVS en date du 22 août 2014 pour la semaine 1434 comptabilisait 280 cas de chikungunya en France métropolitaine, soit 30 de plus que lors du dernier bilan établi en fin de semaine 33.
La tendance à la hausse, probablement due au retour des vacances scolaires, est à confirmer lors des prochains bulletins.

 

La France métropolitaine a également enregistré un premier cas local d'infection au virus de la dengue dans le département du Var.

 

Depuis le début de l'épidémie, les autorités sanitaires françaises ne répertorient que les cas situés dans les départements à risque du sud de la France, alors que des témoignages de touristes touchés par la maladie et qui résident ailleurs, continuent à nous parvenir.

 

Un état sanitaire de l'ensemble du pays s'impose car à l'instar du nuage de Tchernobyl, le virus du chikungunya et son hôte, l'aedes Albopictus, ne se cantonneront pas éternellement au sud de la Loire.

 

- Espagne :  dans la nota informativa du 26/08/2014, l'Agència de Salut Pública de Catalunya (ASPCAT) rapportent 42 cas de chikungunya dont 17 hommes et 25 femmes de 6 à 71 ans. Les personnes infectées ont séjourné en République Dominicaine (87%), Guadeloupe, Martinique, Haiti et la Dominique.

 

- Pays-Bas : dans le dernier Chikungunya surveillance overview Dutch Caribbean islands publié le 28 août 2014, les autorités sanitaires néerlandaises ont confirmé la présence de 4 cas importés de chikungunya au Pays-Bas. Parmis les malades, trois avaient séjourné en République Dominicaine, le quatrième à Saint-Martin (NL).

 

- Suisse :  dans le dernier bulletin sanitaire hebdomadaire en date du 28/08/2014, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) Suisse rapportent 1 nouveau cas de chikungunya pour la semaine 1434. Au total, 32 cas de chikungunya ont été importés dans le pays dont 6 lors des 4 dernières semaines écoulées.

 

La situation demeure inchangée dans les autres pays d'Europe ayant signalé des cas importés de chikungunya.


Dans l'océan indien, l'île de La Réunion a enregistré en juillet ses deux premiers cas de chikungunya en provenance de l'épidémie antillaise. Un tiers environ des réunionnais étant immunisé contre la souche africaine du chikungunya, cette immunité devrait agir contre la souche asiatique et limitée une éventuelle nouvelle épidémie dans l'île.

 

A Tahiti, le cas de chikungunya importé de la Guadeloupe ne s'est pas propagé à l'ensemble de l'île. La présence du moustique vecteur de la maladie a incité les autorités sanitaires à la plus grande vigilance, l'archipel ayant déjà connu une épidémie de dengue et de zika ces derniers mois.

 

Analyse et conclusions


L'épidémie de Chikungunya 2014 aux Antilles Françaises et dans les îles des caraibes connait la même dynamique et suit la même évolution que celle de 2006 à l'île de La Réunion et dans les îles de l'océan indien.

A partir de quelques cas solidement implantés dans une région, le virus se propage d'abord aux îles voisines et ensuite au reste de la planète par l'intermédiaire des déplacements de population.

La situation en 2014 est beaucoup plus préoccupante que celle de 2006, car un continent tout entier est sous la menace du virus, du fait de la présence quasi-généralisée des moustiques vecteurs (les  Aedes Albopictus et Aedes Aegypti) dans l'ensemble des pays d'Amérique.

 

Les autres pays de la planète où les moustiques vecteurs de la maladie du Chikungunya sont présents, sont aussi potentiellement menacés par une épidémie locale. En effet, outre les séjours touristiques dans les pays d'Amérique et des Caraibes où le virus est actif, la coupe du monde 2014 au Brésil risque d'être une occasion supplémentaire de propagation du virus à l'ensemble de la planète, si une épidémie venait à se déclarer dans ce pays.

La maladie du chikungunya caractérisée par de fortes douleurs articulaires, musculaires et une fièvre très élèvée est rarement mortelle, sauf chez les jeunes enfants, les personnes agées ou déjà atteintes de pathologies graves.
Cependant, les dommages causés à l'économie et aux structures sanitaires peuvent être très importants. L'affluence massive et simultanée de milliers de personnes atteintes de la même maladie, au même moment et au même endroit peut en effet paralyser le système de soin et l'activité économique d'une région ou d'un pays tout entier.
Des séquelles physiques et phychologiques peuvent également survenir chez un nombre non négligeable de personnes souffrant de douleurs articulaires plusieurs mois voire plusieurs années après une infection.

En conséquence, les autorités  scientifiques et sanitaires, nationales et internationales doivent plus que jamais travailler en concertation pour prévenir, soigner et protéger les populations des épidémies et maladies causées par le virus du Chikungunya.

 


Jean-Hugues Mausy

 

Carte : carte mondiale de l'épidémie du chikungunya

Bulletins : tous les bulletins épidémiologiques

FAQ 2014 : questions/réponses sur le Chikungunya
Publications : publications scientifiques sur le chik et l'Albopictus

 

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